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nov
07

VIH, LE «VIRUS» DU SIDA, ET LE TISSU MAGIQUE DU CONTE D’ANDERSEN : SEULS LES CŒURS PURS PEUVENT LE VOIR

Selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 3 millions de sidéens «sont» désormais traités dans les pays du Sud, sur un total de 9,7 millions «dont l’état de santé justifierait une mise sous traitement immédiate».

Les statistiques de l’OMS devraient toujours être au conditionnel, surtout quand on sait qu’il suffit, en Afrique, de tousser depuis quinze jours, d’avoir une diarrhée persistante et de la fièvre pour être déclaré sidéen !

Réunis à Mexico pour faire le point sur l’évolution du sida — dont on nous disait qu’il devait détruire la moitié de l’humanité en vingt ans, soit 3 milliards d’individus —, il est clair que, sur plus de 6 milliards d’habitants, nous sommes loin de compte.

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Manifestation réclamant le bannissement
du poison de l’AZT et des poursuites
contre le Laboratoire Glaxo-Welcome

On nous avait également prédit, il y a quelques années, un prochain vaccin contre le VIH qui était «très prometteur». Mais on vient d’annoncer l’arrêt des essais cliniques de ce vaccin — «la piste la plus efficace pour barrer le chemin au VIH», affirmait-on — car le résultat est désastreux. Pas la moindre diminution de la charge virale !

Ça fait maintenant quelque vingt ans qu’on nous promet un vaccin au point «dans les trois ans qui viennent» ! Tout comme on nous a si souvent claironné la victoire sur le cancer.

Le Laboratoire américain Merck a cessé ses recherches, le Laboratoire suisse Roche a jeté l’éponge. La raison : ces recherches ne seraient pas rentables. Et d’autant moins que les prétendus vaccins n’ont eu aucun effet ! Décidément le VIH est insaisissable !

Pourtant, selon la revue scientifique «Nature» du 2 octobre 2008, le VIH, «virus» dit du sida, serait plus ancien qu’on ne croyait. «Le moment où il serait passé du chimpanzé à l’homme serait antérieur à 1910». Jusqu’ici le plus ancien échantillon découvert remontait à 1959 et provenait d’un sujet africain de Kinshasa.

C’est un biologiste de l’Université de l’Arizona, Michaël Worobey, qui a fait cette «brillante ddécouverte» en comparant l’échantillon de 1959 avec un nouvel échantillon, qui provenait des ganglions lymphatiques d’une Africaine de Kinshasa — ancienne Léopoldville —, âgée de 28 ans, et qui avait été prélevé en 1960.

Les différences que ce chercheur émérite a relevées entre les deux échantillons ont permis à son équipe de faire remonter leur «ancêtre» commun aux environs de 1908. Les chercheurs en ont conclu que la transmission du chimpanzé à l’homme pouvait remonter jusqu’à 1884.

Ils n’ont cependant pas pu établir comment l’individu contaminé l’avait été. En revanche, ils auraient établi — je donne l’information sous toute réserve — que cet individu buvait du Coca-Cola et mangeait des merguèses grillées mais (et c’est le plus vraisemblable) qu’il n’avait pas voté pour Barack Obama (anagramme du latin amabo : j’aimerai).

Le Pr Luc Montagnier, qui vient d’obtenir le prix Nobel pour la découverte du «VIH», qu’il a dû partager, non pas avec le Pr Robert Gallo — qui prétendait avoir découvert le «vrai virus du sida» en trafiquant les échantillons que Montagnier lui avait envoyés et qui a finalement été convaincu de fraude scientifique —, pas davantage avec le Pr Jean-Claude Chermann, longtemps présenté comme co-inventeur avec Montagnier, mais avec  une «petite main discrète» — il y a donc aussi des petites mains chez les couturières de l’Institut Pasteur, comme chez Coco Chanel ou Yves Saint-Laurent, pour coudre ensemble les fragments épars d’échantillon de VIH — Françoise Barré-Sinoussi !

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Luc Montagnier
(Creative commons Attribution ShareAlike
2.0 Allemagne
—auteur Turelio)

Les medias laissent entendre qu’on a découvert le retrovirus VIH en entier. Mais, selon des biologistes «dissidents», personne n’a jamais découvert un retrovirus VIH entier mais des fragments épars supposés en faire partie ! Mieux ils soutiennent que le VIH n’a jamais été isolé ni découvert dans le corps d’aucun sidéen — c’est le cas, parmi des centaines d’autres, du Pr Étienne de Harven.

Reste que l’Académie de Stockholm n’a pas reconnu Robert Gallo comme l’inventeur du véritable virus. Mais elle a oublié de dire que la publication scientifique officielle, dans une revue scientifique, de la découverte du VIH, n’existait pas.

C’est le prix Nobel (de chimie 1993) Kary Mullis qui a cherché — sans jamais la trouver — la revue scientifique qui faisait état de la découverte du retrovirus en tant que cause du sida. Personne n’a jamais pu lui dire le nom de cette revue et la référence de la publication : elle n’existe pas !

En d’autre termes, les prétendus échantillons du retrovirus du sida, le VIH, sont aussi parfaitement authentiques que l’invisible tissu des deux tailleurs escrocs, que «seuls les cœurs purs peuvent voir», du conte d’Andersen, «Les Habits neufs de l’empereur». Car il ne s’agit que de fragments épars qu’on a assemblés mais en aucun cas d’un retrovirus entier, qui n’a jamais été découvert et dont, bien évidemment, rien ne prouve qu’il soit la cause du sida.

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L’étiquette macabre de l’AZT, qui a fini
par être interdit en Occident

Dans sa préface à l’ouvrage du biologiste Peter Duesberg, «l’Invention du virus du sida», Kary Mullis raconte :

«Il y a un terrible malentendu autour du « sida ». Nous avons travaillé durant dix ans sur une idée fausse. […] Depuis 1983 nous travaillons avec l’hypothèse que le virus VIH est la cause du sida, mais pour le moment nous ne disposons d’aucune preuve indiscutable qui le démontre. Il n’existe aucun article publié dans une revue scientifique qui conclue : « le VIH est la cause du sida ».

«En 1988, je travaillais comme consultant aux Specialty Labs de Santa Monica, Californie, à l’analyse de programmes de routine touchant au virus d’immuno-déficience humaine (le VIH). J’en savais pas mal à propos de l’analyse des acides nucléiques (ADN) et on avait fait appel à moi, parce que j’avais découvert la Réaction en chaîne par polymerase [NDLR : en abrégé PCR, pour lequel il obtint le prix Nobel].

«En revanche, je ne savais pas grand-chose à propos du sida. Ainsi est-ce en rédigeant un rapport sur les buts et les progrès de nos recherches sur le VIH, parrainées par l’ «Institut national de la Santé», que je me rendis compte que je ne connaissais pas la référence scientifique de la découverte du VIH, alors que j’en avais besoin pour étayer la phrase que je venais d’écrire : “Le VIH est probablement la cause du sida”.

«Je me tournai vers le virologiste, qui occupait le bureau voisin, un garçon compétent et fiable, et lui demandai la référence. Il me dit que je n’en avais aucun besoin. Je n’étais pas de cet avis. Tant il me semblait évident que celui qui avait découvert la cause d’une nouvelle maladie mortelle et incurable devait être cité dans les publications scientifiques aussi longtemps que cette maladie n’était pas guérie et oubliée. Mais, je n’allais pas tarder à l’apprendre, personne ne connaissait le nom de ce chercheur alors qu’à l’évidence il serait nobélisable.

«La référence devait bien se trouver quelque part.

«[…] Deux ans durant, je poursuivis mes recherches, assistant à dix ou quinze congrès de scientifiques, sans que personne ne puisse me la donner. Je commençais à être passablement perturbé de ne pas la trouver. L’horrible conclusion qui me venait à l’esprit était tout à fait insupportable : toute cette campagne, organisée contre cette maladie qu’on nous décrivait comme la Peste noire du XXe siècle, était fondée sur une hypothèse dont personne ne pouvait se rappeler où elle se trouvait. Voilà qui défiait la logique scientifique autant que le sens commun.

«[…] C’est alors que j’eus l’occasion d’interroger l’un des géants de la recherche sur le VIH et le sida. Le Pr Luc Montagnier, de l’Institut Pasteur, devait faire une conférence sur le sujet à San Diego. Lui devait sûrement connaître la référence. C’est la dernière fois que je posai la question sans me mettre en colère. Je la lui demandai donc. Le regard perplexe et condescendant, Montagnier me dit : «Pourquoi ne citez-vous pas l’information donnée par le Centre de contrôle des maladies ?»

[NDLR : Les responsables de ce centre, en abrégé CDC, harcelés par les journalistes, devaient admettre, au cours d'une conférence de presse, qu'ils avaient tronqué les chiffres sur l'expansion du sida, en donnant des chiffres supérieurs à la réalité, par crainte que la vigilance ne se relâche et que les budgets de la recherche ne soient réduits !]

«Je doute qu’elle réponde à la question de savoir si le VIH est la cause du sida ou pas, non ? lui demandè-je
— Non.» admit Montagnier, qui semblait se demander si j’allais enfin me décider à lui lâcher les basques.

« Il cherchait le soutien du petit cercle qui l’entourait, mais, comme moi-même, tout le monde semblait attendre sa réponse. Pas de réponse. Alors Montagnier :
— Pourquoi ne citez-vous pas les travaux sur le VIS [NDLR : Virus de l'immuno-déficience simiesque, c'est-à-dire des singes] ? me suggéra le brave professeur.
— J’ai lu ces travaux, Docteur Montagnier, mais ce qui est arrivé à ces singes ne ressemble en rien au sida. En outre, cette information a été publiée il y a deux mois. Ce que je cherche c’est la référence de la publication originelle du chercheur qui a démontré que le VIH est la cause du sida.»

«Cette fois, le Pr Montagnier traversa rapidement la pièce pour aller saluer une connaissance.»

Kary Mullis raconte ensuite qu’il entend un jour, à la radio, en voiture, Peter Duesberg, qu’il ne connaît pas et qu’il n’a pas lu. Mais, selon Robert Gallo, «c’est l’homme qui en sait le plus au monde sur les retrovirus». Et voici que Duesberg explique les raisons pour lesquelles on ne trouve pas la référence de la publication scientifique de la découverte du VIH. Mullis l’appelle et l’invite, à San Diego, pour donner une conférence à l’Association américaine de Chimie.

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Peter Duesberg : «L’homme qui en sait
le plus au monde sur les virus» (dixit Robert Gallo)
Gnu Free Documentation license

Duesberg vient, commence sa conférence devant un auditoire franchement sceptique. Il explique qu’il n’a jamais trouvé ni la référence d’aucune publication scientifique de la découverte du VIH. Ni aucune publication qui établisse que le VIH soit la cause du sida. Ni rien qui explique pourquoi la majorité des gens croient que le VIH est la cause du sida alors qu’il n’existe aucune publication scientifique qui le démontre. Ni aucune raison qui explique pourquoi on a traité, en Occident, les malades avec l’AZT, qu’on a fini par interdire parce que la quasi-totalité des patients traités n’y survivaient pas.

[Des années plus tard, au congrès d'Amsterdam, en 1997 Montagnier dira : «Nous pensions que ce seul virus était responsable de cette destruction. Maintenant nous pensons qu'il est bénin et pacifique et qu'il ne devient dangereux qu'en présence d'autres organismes, ce que j'appelle des cofacteurs.»]

Il n’existe donc pas la moindre preuve que le VIH, avec ou sans cofacteurs, soit la cause du sida. Duesberg poursuit sa conférence. Et, quand on passe aux questions, elles pleuvent. Finalement, l’auditoire est stupéfié et il faut que les balayeurs le chassent pour nettoyer la salle. Les auditeurs retournés repartent avec bien plus de questions qu’il n’en avaient en arrivant.

Duesberg, Peter H., préface de Kary Mullis.
«Inventing the AIDS virus», Washington, D.C., Regnery Publishing [1996] XIV, 722 p.

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© Richard Sünder — traduction et résumé de Richard Sünder, reproduction interdite sans autorisation

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PS :

Le Dr Peter Duesberg à propos du sida

extrait d’un article du Dr Peter Duesberg

Quelles sont les causes du SIDA ?

«Je pense que le SIDA n’est pas une maladie contagieuse provoquée par un virus ou un microble classique, car aucun virus ou microbe ne mettrait en moyenne 8 ans pour provoquer une première maladie, ni ne toucherait de façon sélective uniquement les individus qui ont habituellement un comportement à risque, ni ne serait capable de provoquer un cumul de plus de 20 maladies dégénérescentes et néoplastiques. Un virus ou un microbe classique ne pourrait pas non plus survivre s’il était transmis de façon aussi inefficace que le SIDA et tuait son hôte au cours du processus. Les virus classiques sont soit hautement pathogènes et faciles à transmettre, soit non pathogènes et latents et par conséquent très difficiles à transmettre. Il existe également des virus ou des microbes classiques qui provoquent des maladies secondaires ou même primaires longtemps après l’infection, mais seulement lorsqu’ils sont réactivés dans de rares cas de déficiences acquises du système immunitaire. De telles infections opportunistes sont la conséquence plutôt que la cause de l’immuno-déficience.

«Depuis que le SIDA est défini par de nouvelles combinaisons de maladies classiques, il peut être provoqué par de nouvelles combinaisons de facteurs classiques. L’administration répétée du facteur VIII (transfusions sanguines) ou de drogues, l’activité homosexuelle masculine fortuite chronique associée à la consommation de drogues, de nombreuses infections parasitaires aigus et la malnutrition chronique — sur une durée moyenne de 8 ans — sont des facteurs qui semblent apporter, sur le plan biochimique, des bases plus tangibles et plus plausibles pour le SIDA qu’un rétrovirus inactif.»

——————
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oct
30

Regard Conscient

Un site et une revue à recommander chaudement

Bonjour à tous,

Regard conscient est un projet de recherche auquel nous donnons pour objectif de mettre en évidence les liens existant entre les souffrances refoulées — particulièrement celles de la prime enfance — et leurs mises en actes sur les différentes scènes de la vie.

Nous partons du constat que l’être adulte reste profondément imprégné d’un vécu émotionnel non résolu et donc prisonnier de schémas de comportement hérités du passé. Dans notre conception, la compulsion qui nous pousse à recréer des situations douloureuses est une invitation à revisiter ces souffrances consciemment, afin de nous en libérer.

Vous trouverez ici des textes émanant de plusieurs auteurs, qui mettent à jour ces mécanismes de rejouement à l’œuvre dans divers domaines. Nous voudrions qu’ils vous invitent à poursuivre l’exploration de votre propre histoire personnelle et familiale. C’est pourquoi, sur le site de Regard conscient, vous trouverez également des témoignages et des outils permettant à chacun de progresser dans la compréhension des dynamiques inconscientes qui l’agissent.

Si une telle démarche vous intéresse plus spécifiquement, nous vous invitons à télécharger librement notre revue en cliquant sur le lien correspondant.

http://www.regardconscient.net
Sylvie Vermeulen
Marc-André Cotton

N. B.: L’équipe de Regard conscient réunit des personnes désireuses de mettre à jour leur propre histoire personnelle et familiale, ainsi que leur dynamique au sein de la communauté humaine. Ce qui implique de se sentir libre de toute dépendance à l’égard d’un groupement religieux, politique ou philosophique.

mai
24

2/2. Interview du Dr Pierre-Jean Thomas-Lamotte (suite et fin)

par Richard Sünder et Boris Sirbey

 

LA SÉPARATION DU CORPS ET DE L’ESPRIT

[NDLR : Boris Sirbey, docteur en philosophie, a soutenu avec succès, à l’Université de Nanterre, Paris X, le 23 janvier 2006, une thèse sur la théorie des sciences, Science et Gnose. La bibliographie de sa thèse comportait de nombreux ouvrages consacrés à la psychobiologie. Notamment le sien, intitulé La Vérité sur le cancer que la médecine ne vous dit pas encore, ouvrage consacré à la mort de sa mère, victime d’un cancer traité de façon conventionnelle. Il parlait de Claude Sabbah et de vous-même dans son ouvrage. Sa bibliographie citait Gérard Athias, Jean-Jacques Crèvecœur, Christian Flèche, Ryke Geerd Hamer, Salomon Sellam, Richard Sünder et Pierre-Jean Thomas-Lamotte. Boris Sirbey n’a pu soutenir sa thèse qu’à la condition expresse de ne pas mentionner Ryke Geerd Hamer, qui figurait pourtant dans la bibliographie. Il soutenait sa thèse en France, à Nanterre-Paris X, pas à Pékin.]

Boris Sirbey — La médecine institutionnelle, en ne soignant que le corps et en oubliant de prendre en compte les causes psychiques de la maladie, semble s’être engagée dans une impasse. Pensez-vous qu’il y ait un espoir qu’elle en sorte ? En d’autres termes, quel visage aura la médecine du 21e siècle ? Se réconciliera-t-elle avec l’homme et la nature ?

Dr T.-L. — Je crois que nous sommes arrivés à une phase critique où l’homme ne va plus pouvoir se considérer perpétuellement comme une victime du hasard. L’approche holistique où le sujet devient acteur de sa maladie a fait de grandes avancées en quelques années et je vois poindre une multitude de foyers où la dimension psychique de la maladie retrouve sa place. Les médecins conventionnels évoluent également.

Je cite à la fin de mon livre, Et si la maladie n’était pas un hasard ?, le texte signé par la Commission d’éthique du Conseil de l’ordre des médecins de la Côte d’Or paru début 2007. Il est tout à fait évocateur. Le livre d’un médecin généraliste, le Dr J.-P. Chauvin, Quand la maladie nous enseigne, paru en septembre 2007 (1), propose une médecine des actes (et non plus uniquement des médicaments). Il est exposé à l’accueil de la Caisse d’Assurance Maladie dont dépend ce praticien. Un praticien hospitalier du CHU proche de mon cabinet vient d’obtenir le feu vert de la commission médicale consultative de l’établissement pour une approche psychospirituelle de la maladie. On lui adresse les causes perdues. C’est un début plein de promesses. Le bouche à oreille finira bien par imposer un modèle plus humain et moins matérialiste de la maladie.

B.S. — Selon vous, à quand remonte ce clivage entre corps et esprit qui caractérise la pensée occidentale ?

Dr T.-L. — C’est le développement de la méthode anatomoclinique et de la médecine expérimentale qui a fait croire aux médecins qu’ils viendraient à bout de tous les symptômes. Cette croyance s’est accélérée à la moitié du siècle dernier avec l’apparition de traitements de plus en plus efficaces contre le symptôme. C’est à ce moment-là que les médecins, déformés par l’enseignement des scientifiques, ont perdu de vue que toute maladie avait une première phase psychocérébrale. Il faut souvent attendre qu’ils aient la soixantaine pour les voir y revenir.


MÉDECINES NON CONVENTIONNELLES ET PSYCHOBIOLOGIE :

COMPLÉMENTAIRES OU NON ?

B.S. — Quel rôle jouent, selon vous, les médecines non conventionnelles telles que l’acupuncture, l’homéopathie, l’énergétique, l’ostéopathie, etc. et les compléments alimentaires, les vitamines ? Peuvent-elles, dans certains cas, compléter un traitement basé sur la psychobiologie ?

Dr T.-L. — Toutes les approches de la maladie ont un sens et parfois les données théoriques se recoupent, par exemple entre la symbolique et la médecine chinoise, entre certaines données de l’ostéopathie et le cerveau stratégique. L’alimentation peut jouer à la fois par des apports spécifiques mais également par des apports symboliques. Ce sont des rouages qui permettent de mettre en branle tout le vivant. Les médecines non conventionnelles me paraissent avant tout des médecines lentes où l’écoute du malade est privilégiée. Récemment, une secrétaire a consulté un médecin généraliste. Les sept malades qui la précédaient ont été «expédiés» en vingt-huit minutes ! Je crois que toutes les approches se justifient et ont leur succès pourvu que le malade y trouve son compte et vive une relation médecin-malade de qualité humaine.

Mais, personnellement, j’aime bien faire le silence pour permettre au malade de se dire. J’ai choisi l’écoute. Chaque soignant doit se forger son propre outil qui l’épanouira. Freud comme Pasteur n’a pas eu besoin d’une accréditation pour faire ses recherches et en transmettre les résultats…

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B.S. — Une bonne communication entre patient et médecin est primordiale dans la réussite d’un traitement, comment vivez-vous votre approche du patient ?

Dr T.-L. — Ma pratique est très épanouissante puisque ma vie prend sens avec ma façon de pratiquer. Il y a bien sûr de grandes frustrations lorsque le patient reste cantonné à son symptôme qu’il veut voir disparaître sans s’impliquer. Mais, à l’inverse, un succès thérapeutique n’autorise pas à valider des concepts. Les dessous de l’alchimie humaine invitent à la modestie. Une théorie fausse exposée avec passion ou conviction peut redonner confiance au malade et favoriser sa guérison. « Ta foi t’a sauvé », nous dit la Bible. Ta foi, mais elle ne justifie pas et ne valide pas mes idées saugrenues de praticien.


UNE FONDATION AMÉRICAINE

VALIDE LES TRAVAUX DE HAMER

B.S. — Souvent, ce n’est que très tardivement, lorsque les traitements basés sur la chimiothérapie, la radiothérapie ou la chirurgie ont échoué, que les patients se tournent vers des approches telles que la psychobiologie. Dans de tels cas, vous est-il arrivé de constater des guérisons ?

Dr T.-L. — Le terme de guérison me met en difficulté tant que le recul du temps ne permet pas de l’affirmer. La zone de fragilité psychique d’un malade risque de persister tout au long de sa vie. Et je ne suis pas sûr qu’il fasse l’aveu de ses déceptions à temps dans tous les cas pour éviter la maladie ou sa récidive. J’ai bien sûr vu de nombreux malades condamnés par la médecine conventionnelle se rétablir rapidement. Mais c’est loin d’être la majorité des cas de ceux qui cherchent vers le décodage biologique. La qualité du praticien est essentielle. Il doit pouvoir accompagner le patient à vivre l’instant présent dans lequel il peut puiser la ressource de la guérison.

B.S. — Savez-vous que, aux États-Unis, la Heal Breast Cancer Foundation a repris, les travaux de Hamer, sans le citer, et qu’elle compte les valider avec le concours de l’Université d’Alexandrie, au moyen de l’imagerie cérébrale (2) ? De plus en plus de médecins pratiquant la médecine institutionnelle ont entendu parler de la psychosomatique ou de la psychobiologie.

Pourtant, en dépit de la rationalité de cette approche et de l’existence d’éléments vérifiables tels que les scans du cerveau ou l’IRM qui permettent d’identifier la nature et l’intensité du conflit psychobiologique, très peu osent en parler. Parmi les politiques, seuls l’ancien député européen belge, Paul Lannoye, a soutenu Hamer et les médecines non conventionnelles, et Mme Christine Boutin, ministre, a demandé qu’on examine ses travaux, qui ont été validés par l’Université de Trvana-Bratislava : le professeur Miklosko en a témoigné. A quoi attribuez-vous cette résistance ?

LE SCANNER A VÉCU, L’APPROCHE PSYCHOSYMBOLIQUE

DU SYMPTÔME SUFFIT

Dr T.-L. — La métamédecine qui nous vient des États-Unis ne va rien apporter de plus : c’est la propagation logique du décodage biologique, essentiellement chez les cigales américaines. Pour moi, la lecture du scanner a vécu ses heures de gloire. Il m’a fallu six ans d’apprentissage acharné avec des planches de vingt à trente clichés pour un patient.

Maintenant, un scanner comporte souvent plus de 200 planches radiologiques à étudier. Les coupes sont aussi plus fines ce qui rend la lecture des cibles plus difficiles. Matériellement, il devient donc impossible de faire cette lecture systématiquement. Mais elle ne me paraît plus nécessaire. L’approche psychosymbolique du symptôme paraît suffisante pour entraîner une nouvelle dynamique et une spécificité de l’écoute et, je l’espère, une nouvelle recherche des laboratoires pharmaceutiques. Il y a fort à faire pour découvrir le moyen d’intervenir dans ce bavardage entre le cerveau et l’organe qu’il « rend malade ».

Actuellement, il n’y a pas de véritable recherche psychosomatique. Pour la plupart, nos experts de médecine conventionnelle ne sont pas compétents pour effectuer de telles études. Le malade ne confie pas au premier venu « ce qu’il n’a jamais dit à personne ». Le drame, c’est que ces experts se permettent d’affirmer qu’il est impossible de trouver un lien entre psychisme et maladie. Mais je vais plus loin. Ils ne sont pas seuls responsables. Pour admettre une théorie totalement nouvelle, il convient d’avoir un a priori positif sur la crédibilité de son auteur.

Comme je l’ai déjà dit, en illustrant ses images de scans par des artefacts techniques qui ont disparu avec l’amélioration des machines, en niant l’existence du glioblastome ou du méningiome, en reliant le microbe à un feuillet embryonnaire, en inventant son embryologie…, le docteur Hamer a scié la branche sur laquelle il se tient.

J’ai eu la chance de rencontrer des soignants farouchement convaincus de son approche. Ils n’ont pas ménagé leur salive. Ce n’est qu’à la troisième présentation des travaux du Dr Hamer que j’ai pu consentir à essayer d’en trier le bon grain. Avant, je rejetais tout en bloc. Je conçois bien que beaucoup de médecins fassent comme moi : un rejet total dès la première présentation.

LA SYMBOLIQUE DU SYMPTÔME COMPENSE LE CONFLIT

ELLE NE PERMET PAS DE LE LÂCHER

Boris Sirbey — Si ce que vous dites est exact, pourquoi ne pas en faire la démonstration avec des scans ?

Dr T.-L. — C’était bien notre projet avec Pierre Barbey de montrer la richesse de la lecture du scanner. Mais les images sont si fines et si délicates, qu’il faut quasiment à chaque fois la faire voir à l’interlocuteur, souvent à l’aide d’une loupe. La publication de photographies est ingrate pour emporter la conviction d’un néophyte. J’ai personnellement mis deux ans à croire à cette lecture du scanner. Il m’a fallu trois années supplémentaires pour avoir l’œil exercé.

Richard Sünder — La compensation symbolique dont vous parlez — un mal moindre peut permettre de ne pas faire une pathologie plus grave — est analogue à la compensation d’un grave conflit de dévalorisation par un besoin pathologique de pouvoir. Ça n’aide pas à lâcher le conflit, ça le compense. Aux frais des autres, le plus souvent, ils en paient la dépense. N’est-ce pas là l’application même du principe des vases communicants — l’Eurêka d’Archimède — dans la psychosomatique ou psychobiologie?

Dr T.-L. — Effectivement, quand la réalité déborde mes possibilités d’adaptation, je suis obligé de verser le trop plein dans le registre de l’imaginaire (rêves, délire) ou du symbolique.

30% DE FUMEURS EN MOINS MAIS PERSONNE NE SE DEMANDE

PAR QUOI ILS VONT COMPENSER LEUR MANQUE

R.S. — On se félicite d’une diminution de 30% des fumeurs en France, entre 2000 et 2005, annoncée par l’Institut de veille sanitaire. Notamment chez les jeunes fumeurs de 17 ans qui auraient régressé de 41 à 33%. Mais il ne semble pas qu’on ait cherché à savoir par quoi cette diminution qui touche aussi l’alcool avait été compensée.

Il est indiqué que 12,3% des adolescents ont consommé au moins une fois dans leur vie un produit illicite, poppers, hallucinogènes, ecstasy et cocaïne. « Rien d’inquiétant » : « la consommation est faible » assurent les chercheurs. Qu’en pensez-vous ? D’où viennent ces statistiques et que valent-elles à votre avis ?

Dr T.-L. — Dès qu’il y a chiffres et pourcentages, il y a souvent une manipulation, consciente ou inconsciente, pour essayer de prouver qu’on a raison, aux dépens du véritable problème qui est la qualité de vie à l’échelle humaine, c’est-à-dire à l’échelle de l’unité. Personnellement, devant tout symptôme, je préfère rechercher la souffrance qui s’exprime dans cette compensation plutôt que de combattre le symptôme.

De mon point de vue, il vaut mieux écouter la souffrance de ne pas être reconnu d’un tagueur plutôt que de le condamner pour ses tags. On risque d’induire un jeu inconscient qui entretient le symptôme voire l’amplifie. «Je suis au moins important aux yeux de quelqu’un » (le policier, le juge). Cela soulage momentanément ma souffrance Si je tague les murs, on me remarque, mais il faut sans cesse recommencer pour continuer à avoir un soulagement. C’est le principe de l’addiction. Le mieux-être est transitoire.

L’enfant, qui fait tout le temps des bêtises, veut simplement capter l’attention de sa maman. C’est elle qui le maintient dans un cercle vicieux de relation, qui entretient son comportement tant qu’elle intervient immédiatement : « Ne touche pas, arrête… ». Qu’elle cesse d’intervenir et l’enfant qui ne capte plus immédiatement son attention est obligé de trouver une autre stratégie de rencontre qui peut être plus enrichissante : lecture d’un livre, promenade, jeu… Dès qu’il y a addiction, on trouve dans l’histoire de la personne, une souffrance énorme : un père défaillant.

Lutter contre l’addiction pour faire changer le sujet est une gageure. Un père qui se reprend et devient un père plus présent à son enfant, un père symbolique fort sera plus utile de mon point de vue pour permettre à l’enfant de retrouver une identité et d’aller vers le sevrage. C’est mon expérience.

LES CANCERS ONT AUGMENTÉ DE 63% EN 20 ANS

R.S. — L’Institut national de veille sanitaire attribue à la diminution du tabagisme, constatée de 2000 à 2005, le fait que le risque de mortalité par cancer a été divisé par deux. Un article du Monde, du 20 mars 2008 donne les bien curieuses statistiques publiées par l’institut qui conclut : « Si le nombre de cas de cancers a considérablement augmenté en 25 ans, en France, il en va de même de l’espérance de vie des personnes concernées. »

Ce considérablement qui ne veut rien dire est de 63% non pas en 25 mais en 20 ans, de 1980 à 2000, selon… l’Institut de veille sanitaire, comme l’indiquait Boris Sirbey, dans son ouvrage, «La Vérité sur le cancer que la médecine ne vous dit pas encore». Il précisait qu’il ne s’agissait que des cancers du côlon, du poumon et de la prostate. 25% devait être rapporté à l’augmentation de la population, 38% à des facteurs que la science ignorait.

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L’auteur de l’article, Jean-Yves Nau, écrit : «En 2005, le nombre de nouveaux cas de cancer, selon l’institut, a été estimé à près de 320.000 dont 180.000 chez les hommes et 140.000 chez les femmes. Les trois localisations les plus fréquentes chez l’homme sont la prostate (62.000), le poumon (24.000) et le côlon (20.000). Or, en 1980, le nombre total des cancers s’élevait à 170.000. En d’autres termes ce nombre a presque doublé chez l’homme (augmentation de 93 %) et a progressé de 84 % chez la femme. »

Dr T.-L. — À population constante ?

ESTIMATIONS, SUPPOSITIONS ET SUBSTITUTION

DU « RISQUE DE FAIRE UN CANCER » AU « CANCER EFFECTIF » :

CURIEUSE LOGIQUE DE L’INVS

R.S. — Non bien sûr. L’auteur de l’article, Jean-Yves Nau, étonné, poursuit : «Comment comprendre ? Pour les spécialistes de l’INVS, il faut prendre en compte les importantes modifications démographiques.

«Ils estiment, schématiquement, que, en un quart de siècle, 25% de l’augmentation du nombre de cas est la conséquence directe de l’augmentation de la population et pour 20% celle de son vieillissement, le risque de cancer augmentant avec l’âge. Ainsi, est-on plus exposé au risque d’être atteint d’un cancer, aujourd’hui qu’en 1980, mais cette augmentation du risque doit être replacée dans un contexte plus général. Elle correspond approximativement à la moitié des cas diagnostiqués. »

Selon la Caisse nationale d’assurance maladie, le nombre des cancers du sein « est en diminution depuis 2005 ». Pourquoi ne donne-t-elle pas le chiffre ? « La seule explication rationnelle semble résider dans la désaffection massive des femmes vis-à-vis des traitements hormonaux substitutifs de la ménopause » dit l’article. On suppose que cette dernière phrase est de l’auteur de l’article, Jean-Yves Nau.

Mais, ce qui frappe, c’est qu’il ne s’agit que d’estimations, de suppositions et de substitution du « risque de faire un cancer ou pas » au cas de cancer effectif. « Les Français fument moins, boivent moins : la prévention, ça marche », assure le Pr Dominique Maraninchi, président de l’Institut national du cancer. Que pensez-vous de ces statistiques ou estimations du point de vue logique ?

Dr T.-L. — Il est évident que, si je supprime la neige, les skieurs ne vont plus se casser la jambe sur la neige. Mais ne me dites pas que c’est la neige qui casse les jambes ! Si le tabac n’est qu’un facteur de risque, l’interdiction de fumer va déplacer le problème du fumeur. Dans vingt ou trente ans, on en sera peut-être à rechercher la substance responsable d’une véritable épidémie de lymphomes thoraciques ou abdominaux voire de maladies de Parkinson (les parkinsoniens sont en règle générale non-fumeurs).

Pour moi, on aura créé cette pathologie de toute pièce en empêchant les sujets de s’approprier un espace (fumeur). Symboliquement, le lymphome rendra le sujet à nouveau capable de conquérir son espace, de le faire sien.

Mais si je dois placer la discussion sur le plan des chiffres, j’aimerais parler du cancer du larynx qui est classiquement et presque unanimement attribué à l’intoxication alcoolo-tabagique. En France, dans la population générale, on retient le chiffre de 1,2 % de cas. Dans une population francophone, ce chiffre atteint 9% chez les religieuses cloîtrées ! (Dr Michel Moirot). Devoir se taire pendant des années devant une mère prieure semble un facteur de risque bien plus grave que l’intoxication alcoolo tabagique. Mais ce genre de statistique n’intéresse pas les scientifiques. Il dérange leur croyance.

PLUS AUCUNE PLACE

POUR LE PSYCHISME ET L’INCONSCIENT

R.S. — La Pitié-Salpêtrière est aussi symbolique que le symptôme et le corps, non? Symbole du conflit entre la folie et la raison, le conscient et l’inconscient, le sujet et l’objet, le Zéro et l’Infini. Dans son Histoire de la folie, Michel Foucault rappelle que, à la Renaissance, fous et folles sont libres d’aller. C’est l’époque de la Nef des fous de Jérôme Bosch. À partir de 1656, on les enferme, enchaînés, à l’Hôpital général, créé par un édit de Louis XIV.

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Philippe Pinel faisant libérer les enfermés
de leurs chaînes
(Wikimedia Commons, GNU Free Documentation)

Il faudra attendre la Révolution pour que Philippe Pinel, qui va fonder la psychiatrie, les libère, en faisant ôter leurs chaînes, malgré l’opposition des gardiens et de Couthon. C’est là que Charcot utilise l’hypnose pour traiter les hystériques et que Freud vient suivre ses cours, fasciné. Groddeck et Jung, et bien d’autres, le rejoindront. Et c’est là que deux professeurs de médecine, Hauw et Meininger, permettent à Pierre Barbey et à vous-même de faire vos travaux et de démontrer la validité de la lecture du scanner.

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N’y a-t-il pas une synchronicité jungienne, une correspondance de Baudelaire dans cette coïncidence, à la Pitié-Salpêtrière, de la folie et de la raison, du conscient et de l’inconscient, de l’hypnose, du psychisme et de la biologie ?

Dr T.-L. — L’actualité est de mon point de vue moins idyllique ! Les textes des travaux effectués avec Pierre Barbey n’ont pas été publiés. Il faut une série de contrôle témoins ou une étude en aveugle pour être crédible. Pourtant le Dagénan, la pénicilline, la streptomycine, les benzodiazépines, le gardénal ou plus récemment la DOPA se sont révélés efficaces sans études contrôlées contre « placebo ». Tous les malades avaient un effet bénéfique du traitement.

Je constate que, à notre époque, il y a un prêt-à-penser médical qui empêche l’ouverture d’esprit qui a pu exister dans le passé à la Pitié-Salpêtrière. Des clans et des antagonismes ont pu exister pour stimuler les recherches. Mais, dans l’Institut du cerveau et de la moelle épinière qui doit prochainement voir le jour, à la Salpêtrière, il n’y a plus de place pour le psychisme et l’inconscient qui sont pour moi à l’origine des maladies neurologiques. Les recherches sont vouées à patauger.

HAMER A FAIT FAIRE UN PAS DE GÉANT

EN MONTRANT LA RELATION ENTRE

LA PHASE PSYCHOCÉRÉBRALE

ET LE CERVEAU STRATÉGIQUE, C’EST TOUT !

R.S. — Rejetez-vous toutes les idées de Hamer : le DHS (Dirk Hamer Syndrome), la maladie à deux phases, froide et chaude, alors que la médecine classique voit deux types de pathologie différents : les maladies froides et les chaudes, les quatre fonctions fondamentales qui gouvernent la biologie : 1) faire de la masse (tumeurs, kystes, nodules etc.), mettre en mouvement et accélérer (Parkinson, diarrhée, tachycardie, etc.), supprimer de la masse (nécroses, lyses, etc.), et freiner ou bloquer le mouvement (occlusion, constipation, etc.) ?

Dr T.-L. — La maladie a toujours une première phase psychocérébrale, sous la dépendance du cerveau stratégique (appréciable par le scanner), c’est l’immense pas de géant que le docteur Hamer a fait faire à la médecine. Mais la reconnaissance s’arrête là. Toute maladie survient lors du second choc comme une allergie. Ce choc est survenu à telle date, telle heure, telle seconde, c’est le DHS. Mais ce choc n’est pas forcément conscient et le symptôme qui en découle peut être « chaud » d’emblée. Tout le reste est du domaine purement inconscient symbolique et non biologique.

R.S. — Pensez-vous vraiment que Groddeck, Laborit, Hamer, Léon Renard, Sabbah, Sellam, Flèche, etc. ont tort de parler de «moyen de survivre», de programme biologique de survie ou de sursis à la mort. Si ne pas mourir immédiatement n’est pas survivre, qu’est-ce ?

Dr T.-L. — La biologie est hiérarchiquement sous la dépendance du psychisme. La survie est pour moi d’ordre psychique : lorsque le symptôme somatique apparaît, je ne suis plus autant obsédé par mon conflit. C’est pourquoi son souvenir est si difficile à retrouver dans la pratique clinique. Mais un cancer, une crise cardiaque, une infection sévère rapprochent souvent le patient de la mort : drôle de survie.

MARCEL PROUST EST MORT DE SON ASTHME,

MAIS ÇA LUI A PERMIS DE SURVIVRE QUARANTE ANS

R.S. — Vous dites que Henri Laborit, comme Groddeck, scie la branche sur laquelle il est assis en généralisant ses idées. Quelle inhibition de l’action faut-il voir dans une angine ou dans un cancer du côlon ?

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Voici le cas d’une personne qui veut s’engager dans un groupe pour agir. À mesure que l’engagement se précise et approche, elle est moins disponible et, le jour où elle doit assister à une réunion, elle fait une angine, qui lui sert de prétexte à ne plus s’engager. Certes, l’angine qui inhibe l’action de qui ne veut pas agir est un phénomène psychobiologique.

L’asthme de Marcel Proust aussi : c’est le seul moyen qu’il trouve pour obliger sa mère à revenir dans sa chambre et pour récupérer son territoire que les invités ont envahi. Il finira par en mourir… Quarante ans après ! L’asthme lui a-t-il permis de survivre ? Quant au traitement classique des cancers, les cancérologues disent bien qu’ils permettent au patient de « survivre plus longtemps », à condition que le malade survive au traitement — 60% n’y survivent pas. La cravate rose de Poivre d’Arvor est la compensation symbolique d’un deuil. La différence est claire. Pensez-vous que la compensation symbolique exclut la compensation psychobiologique et même la solution psychobiologique du conflit, son dépassement?

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Dr T.-L. — Le symptôme est lié à la relation, il est chargé de sens. Si j’innove une nouvelle réalité de relation, dans le sens d’une ouverture à l’autre, le symptôme peut disparaître. Mais, effectivement, la maladie inaugure souvent un cercle infernal inconscient de relation forcée à l’autre. Le symptôme est aussi souvent une forme inconsciente de réconciliation : j’accepte la réalité de mon histoire grâce à mon symptôme symbolique.

LES ÉCRIVAINS CLASSIQUES

MEILLEURS PSYCHOLOGUES QUE LES MÉDECINS

R.S. — Les écrivains classiques, disons jusqu’au Nouveau Roman, qui étaient des psychologues, ne comprenaient-ils pas mieux que les médecins la cause des maladies ?

Dr T.-L. — Les écrivains mais aussi les médecins dépourvus de moyens thérapeutiques étaient plus humains et moins matérialistes. « Madame, vous ne devez plus avoir d’enfant » était un conseil sans doute plus utile, qu’il soit suivi ou transgressé, pour aider le patient à s’ouvrir différemment à la vie, à changer. Les vieux médecins sont bien plus proches de l’origine psychique du symptôme. Ils ont vu les théories s’effondrer au fil des ans, ils ont vu les ressemblances des situations conflictuelles pour un même symptôme.

R.S. — Je crois que vous partagez avec Henri Laborit la même définition de la vérification scientifique d’un fait. Pouvez-vous rappeler ce que vous dites, dans votre livre, à ce propos ?

Dr T.-L. — « Dans des conditions identiques, la même cause produit toujours le même effet ». « Si A est vrai, B est faux. ». Ce sont les principes de la logique sur laquelle est fondée la science. C’est la découverte d’une exception à la règle qui impose de chercher encore plus profondément et de trouver une explication plus radicale.

LE LIEN DE CAUSALITÉ N’EST ÉTABLI

QUE SI LA VÉRIFICATION EST DE 100%,

CE N’EST JAMAIS LE CAS

R.S. — Vous écrivez même : « Nous avons vu que l’argument du tabac pour le cancer du poumon, ou du soleil pour le mélanome cutané, ne tient pas dans un raisonnement cartésien, ni dans une approche scientifique rigoureuse. Répétons-le : il faut du 100% pour envisager un lien de causalité, base de la logique qui malheureusement n’est enseignée qu’à quelques rares privilégiés. De bonne foi, les chercheurs et les médecins qui l’ignorent en sont réduits à faire des syllogismes croyant accomplir un travail scientifique. » On peut en conclure que l’expérience scientifique n’est qu’un leurre, non ? Surtout quand les publications sont payées par les laboratoires.

Dr T.-L. — Effectivement, il est déloyal d’extrapoler un résultat obtenu dans un laboratoire à une pathologie humaine. Les principes de la logique impliquent « des conditions identiques ». A signaler également un autre problème : dans une enquête anonyme, 30% des chercheurs qui ont répondu, ont reconnu trafiquer leurs résultats.

R.S. — Dans La Revue pour l’histoire du CNRS, Girolamo Ramunni, auteur d’un ouvrage La Fraude scientifique, cite de nombreux cas, dont celui du physicien Hendrik Schön, qui ont défrayé la chronique avec des publications dans les revues les plus prestigieuses, Science, Nature, New Scientist, etc. Le sénateur honoraire René Trégouët a même créé un groupe pour lutter contre cette fraude.

On est stupéfié par le nombre de sites consacrés sur internet à la fraude scientifique. Vous avez voulu, comme le souhaitait Robert Dantzer, trouver un modèle intermédiaire entre les différentes approches de la maladie. Ce modèle, l’avez-vous trouvé?

Dr T.-L. — Je n’ai rien voulu. C’est un cadeau qui m’est donné au fil de mes rencontres avec les malades et les praticiens. Chaque patient m’enrichit par sa confidence. Chaque contradiction apportée par un confrère m’oblige à progresser dans ma compréhension du symptôme et dans l’expression de mes conceptions.


SUPPRIMER LES SYMPTÔMES OU TRAITER

LES CAUSES DES MALADIES ?

R.S. — Pensez-vous qu’il est raisonnable de soutenir que les symptômes sont la cause des maladies et de s’en tenir à les supprimer ?

Dr T.-L. — Il faut effectivement fermer le robinet plutôt que plier le tuyau d’arrosage (on se fatigue rapidement, ou le tuyau crève ailleurs…). C’est le dialogue entre le cerveau et l’organe qui produit le symptôme qu’il convient d’interrompre. La thérapie brève par l’écoute est l’un de ces moyens privilégiés de fermer le robinet à la source. Mais la recherche trouvera peut-être des moyens physiques ou chimiques d’interrompre la transmission du message du cerveau à l’organe.

Boris Sirbey — Vous affirmez clairement vos désaccords avec d’autres approches relevant de la psychosomatique, mais ne trouvez-vous pas dommageable l’absence de dialogue entre les théoriciens qui utilisent cette approche ? Rapportées à la puissance de la pensée matérialiste qui domine le système médical institutionnel, on peut, en effet, considérer que ce type d’oppositions est finalement assez secondaire. De ce point de vue, est-ce que le Dr Hamer — et d’autres — n’ont pas, dans une certaine mesure, été victimes de leur désir de protéger à tout prix leur découverte en construisant un système de pensée inattaquable, entraînant ainsi des effets pervers qui ont peut-être nui à la valeur de leur travail ? Ne pensez-vous pas que, comme le disait Socrate, ce qui fait la grandeur d’un esprit est sa capacité à reconnaître sa propre ignorance et, par conséquent, à accepter que la connaissance, plutôt que d’être figée, soit un processus en constante évolution ? Enfin, que pourrait-on faire pour (r)établir ce dialogue, et initier ainsi des échanges positifs et fertiles entre les chercheurs dans ce domaine, plutôt que d’organiser la chasse aux sorcières ?

Dr T.-L. — Il faut apprendre à connaître l’autre. Sa différence va m’enrichir. L’Association Cause et sens avait initialement ce but de l’échange des différences. La dynamique du don et de la réception a très vite été détournée par certains. Ils n’apportaient plus rien mais venaient pour chercher des idées nouvelles à commercialiser dans leurs séminaires. Dans le projet initial du livre qui vient de paraître, j’avais fait un chapitre entier sur l’impérieuse nécessité de s’enrichir de la vision de l’autre pour mieux approcher une réalité. Malheureusement, il est impossible d’empêcher un être humain de se croire l’auteur de son intelligence et de vouloir être reconnu pour son intelligence. Le docteur Hamer est, comme chacun de nous, victime de son histoire, que je ne connais pas dans les détails mais que je perçois dans sa façon d’agir. Sa souffrance des premiers mois de vie qui a mis en place sa structure psychique l’oblige à compenser, en ayant toujours raison. Il se sent persécuté lorsqu’on le contredit. Je sais par expérience que la discussion n’est pas possible avec lui. Il faut l’approuver ou se taire.

C’est pour moi la compensation symbolique typique d’un nouveau-né ayant reçu une forte empreinte positive à la naissance, et un renforcement de l’investissement maternel quelques mois plus tard. Il faut un long travail sur soi pour pouvoir quitter l’ego et utiliser différemment son logiciel cérébral, en communion avec ceux qui nous entourent. Mais il y a un bon moment pour qu’une évolution se produise, et il ne dépend pas de nous. Une idée est reçue lorsque l’interlocuteur est prêt à la recevoir. Il faut savoir patienter jusqu’à ce moment de maturité plutôt que de le retarder en essayant de changer l’autre de force. Comme je l’ai dit plus haut, je reste optimiste ; j’aperçois les prémices d’un changement des mentalités. C’est ce qui me donne le courage de prendre le risque de partager mes conceptions face à ceux qui me traitent de charlatan, à ceux qui m’accusent de culpabiliser les malades en les rendant « responsables » de leur symptôme, à ceux qui me conseillent de prendre plus de gouttes pour ne pas les déranger par mon délire.

Richard Sünder — Dans la table quasi rase que vous voulez faire de l’édifice hamérien, j’ai cru comprendre que vous conserviez d’autres éléments que la triade psychisme-cerveau-organe, notamment la contestation du tabac comme cause du cancer des poumons, du soleil comme cause du mélanome cutané et celle des métastases, qui vous laissent perplexe.

Dr T.-L. — Il faut faire table rase des conceptions et des propos manifestement erronés d’où qu’ils viennent. Un médecin, un scientifique n’a pas le droit de confondre un facteur de risque avec la cause d’une maladie. C’est très différent. Le facteur de risque nous indique un terrain de prédilection où la maladie est plus fréquente, la cause implique que l’effet soit présent dans tous les cas, sans exception. C’est un principe intangible de la logique base de la science. Je n’invente rien. Il n’est pas possible de se référer à la science et d’en piétiner les principes. Les enquêtes sur les cohortes de malades ne mettent en évidence que des facteurs de risque car jamais le 100 % n’est atteint. L’étude d’une cohorte ne permettra jamais de trouver la cause d’une maladie.

R.S. — La raison essentielle pour laquelle, selon vous, il faut raser l’édifice hamérien pour n’en garder que la triade psychisme-cerveau-organe — que vous qualifiez tout de même de « pas de géant » — est que les foyers cérébraux — dits de Hamer — ne sont que des artefacts produits par les scanners de première génération, alors que l’IRM n’en fait plus. Pour ne pas cautionner les « foyers en forme de cible de Hamer », vous avez publié, le 12 avril dernier, trois scans pour montrer la différence entre un artefact et un authentique foyer cérébral. Et vous avez conclu : « Tant que le docteur Hamer prétendra que les artefacts créés par la machine sont pour lui d’authentiques cibles, il ne sera pas crédible aux yeux de tous les médecins qui ont l’habitude de l’imagerie médicale. »

Dr T.-L. — Je ne rase rien. J’appelle un artefact un artefact. Car effectivement, il y a les vraies « cibles », le plus souvent très difficiles à voir, qui sont dues à l’interaction entre la matière cérébrale et les rayons X (le seul facteur dont dépend l’image de scanner). On arrive à retrouver ces cibles sur l’IRM avec plus de difficulté (car les images d’IRM dépendent de plus de 40 facteurs différents) Mais les belles cibles que tout le monde pouvait voir hier étaient de purs artefacts. Elles n’existent plus depuis longtemps. Il serait temps de se renseigner… auprès de n’importe quel radiologue.

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(1) Quand la maladie nous enseigne, Médecine des Actes, Dr Jean-Patrick Chauvin, Editions J. Lyon, 195 pages, 17 €.

(2) Les travaux ont été validés à l’automne 2007. On trouve sur internet ine video présentée par Richard Flook, consultant de santé en Métamédecine et «entraîneur» (sic) mondial en Métamédecine. Voici l’adreesse :

http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&videoid=19316209

Fin de l’interview

 

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LES « CIBLES DE HAMER »

(Docteur THOMAS-LAMOTTE,
le 12/04/2008)

Il faut distinguer les cibles « authentiques » des images d’artefacts créés par les premières générations de scanners.

Les artefacts sont très réguliers, situés sur la ligne médiane ou paramédians, visibles sur de nombreuses coupes de la série. Ces artefacts n’existent plus avec la nouvelle génération d’appareils. En voici un exemple caractéristique

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Par comparaison, voici maintenant une cible «active» récente chez un malade qui vient de faire une hémorragie méningée quelques heures avant le scanner. Le patient est à la recherche d’un lieu de vie. La cible est également paramédiane mais beaucoup plus difficile à voir, avec des anneaux plus fins et plus irréguliers.

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Voici enfin une « vieille » cible frontale droite chez un patient qui a peur de mourir de sa Sclérose Latérale Amyotrophique. Rassuré par la prise en charge spécialisée du CHU, il est mort quelques semaines plus tard d’un lymphome.

La cible est paramédiane droite, plutôt elliptique, et les anneaux sont incomplets.

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Tant que le docteur Hamer prétendra que les artefacts créés par la machine sont pour lui d’authentiques cibles, il ne sera pas crédible aux yeux de tous les médecins qui ont l’habitude de l’imagerie médicale.

°°°°°

mai
24

ET SI LA MALADIE N’ÉTAIT PAS UN HASARD…



PAR LE Dr PIERRE-JEAN THOMAS-LAMOTTE
neurologue


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Le Dr Pierre-Jean Thomas-Lamotte, neurologue respectable et respecté, auteur de plusieurs ouvrages, dont Guérir avec Thérèse, président de l’Association Cause et sens, a démontré, scans à l’appui, au congrès de cancérologie de Marseille, en 2003, la relation entre le conflit, le stress, le foyer cérébral et l’organe-cible.

Ce qu’il écrit dans son introduction est à méditer :

«Certes, pendant les dix premières années, je me suis senti bien seul dans mon cabinet en ville. Mais à partir de 1998, tout a changé. J’ai d’abord rencontré le psychanalyste Pierre Barbey qui m’a initié « à la lecture des scanners cérébraux ».

«Il m’a patiemment appris à reconnaître sur une simple photo les zones du cerveau qui portent les traces venant de la «rumination d’un conflit». Pendant sept ans, pratiquement chaque semaine, j’ai passé une journée avec lui à confronter, en aveugle, les données de la lecture du scanner cérébral au tableau clinique du malade.

«Et pendant quatre ans, nous avons pu travailler ensemble à Paris, à la Salpétrière, grâce aux professeurs Hauw et Meininger qui nous ont accueillis dans leurs services respectifs. L’heure me semble donc venue de partager les découvertes de cette longue exploration de vingt années de travail.

«Les données présentées ici ne font guère recette auprès des journaux scientifiques ou des réunions scientifiques car elles ne rapportent rien aux laboratoires pharmaceutiques. De plus, elles émanent d’un médecin libéral et non d’un professeur de faculté ou du chercheur d’un laboratoire reconnu.

«Et puis, elles vont souvent à l’encontre du «médicalement correct». Pourtant, je pense qu’il est utile de livrer dès maintenant le trousseau de clefs que j’ai rassemblé auprès des malades et des soignants. Chaque clef fournie permet une autre vision du symptôme.

«Ne pas la livrer, ce serait quelque part ne pas porter assistance à personnes en danger

[Voici le texte de l'introduction de Pierre-Jean Thomas-Lamotte.]


Introduction

Pourquoi un pharmacien qui ne voit que des malades tout au long de sa journée, toute la semaine et même toute l’année, ne tombe-t-il jamais malade ?

Pourquoi, après avoir vu 20 personnes grippées en une seule journée, soit 100 en une semaine, un généraliste ne l’attrape-t-il pas non plus ? Pourquoi cette personne qui n’a jamais fumé a-t-elle un cancer des poumons, alors que ce fumeur invétéré qui grille sa cigarette depuis 50 ans n’a rien ?

Pourquoi les femmes divorcées sont-elles la majorité des cancers du sein ? Pourquoi tous les hommes ne font-ils pas un cancer de la prostate ?

Depuis mes premières années de médecine, je me suis intéressé aux causes de la maladie. Mais après avoir examiné et parlé avec plus de 20.000 patients au cours de ma vie professionnelle, j’en suis arrivé à la conclusion que la maladie n’est pas toujours l’effet d’une cause extérieure mais bien celui d’une cause intérieure.

A en croire les médias, je n’ai pas tort. Dans le cas d’un attentat ou d’une catastrophe aérienne, les autorités mettent des psychologues à disposition des survivants et de ceux qui ont perdu un être cher, pour les aider à ne pas se rendre malades eux-mêmes…

Quant à la littérature, elle nous conte depuis l’aube des temps des histoires d’amour dans lesquelles l’être délaissé meurt de chagrin. Si on peut empêcher une victime de « s’en rendre malade », on peut aussi empêcher un père de famille de 45 ans de se rendre malade après avoir reçu sa lettre de licenciement.

Ça aussi c’est un trauma, même si cela semble banal. Lui aussi aurait besoin d’un psychologue pour digérer son drame.

Le dogme et le conditionnement nous empêchent de regarder la maladie autrement qu’une cause extérieure, un virus, une bactérie, etc. Les traitements de la médecine classique se résument à attaquer la maladie avec des molécules : la dépression se combat par un anti-dépresseur la douleur ou inflammation par une molécule ant-algique ou anti-inflammatoire anti-biotique traitements anti-mitotiques (1); la faiblesse par un médicament tonique ( cardio-tonique, veino-tonique ), etc.

Ces batailles « molécule contre dérèglement moléculaire » donnent souvent de brillants succès. Mais elles ne nous expliquent pas pourquoi autant de femmes divorcées font un cancer du sein.

S’il est possible d’étudier cent malades ayant tous une tension artérielle élevée à 17/10, une surcharge pondérale et un diabète, il est difficile d’étudier une cohorte de cent veuves, de cent orphelins, de cent chômeurs longue durée ou de cent femmes divorcées.

Cela n’aurait pas de sens parce qu’on ne peut mesurer l’impact du deuil vécu sur chaque personne ainsi que son histoire émotionnelle.

En tant que médecin, j’ai pu vérifier de nombreuses fois l’efficacité des placebos (actuellement, il n’est d’ailleurs plus possible d’étudier « scientifiquement » un nouveau médicament sans comparer son efficacité à celle d’une pilule inoffensive).

Mais si le placebo peut guérir le malade en agissant simplement sur son psychisme, il y a peut-être un événement « nocebo » avant l’apparition de la maladie… Et si ce nocebo existe, on peut sans doute intervenir à son niveau, et par conséquent sur le déroulement de la maladie ?

Le lien éventuel entre psychisme et maladie n’est évidemment pas un scoop. On le retrouve dès l’Antiquité et dans des civilisations très anciennes, comme par exemple la médecine chinoise.

Néanmoins, c’est dans le sillage du docteur Sigmund Freud, que le docteur Georg Walter Groddeck avait mis en évidence le traumatisme psychique pour expliquer la maladie. C’est lui qui a tenté de réintégrer toute pathologie acquise, sans exception, dans un cadre psychosomatique unique.

Pour lui, c’était un déterminisme inconscient qui était à l’origine de toute maladie. Il était même allé jusqu’à mettre l’évolution de la maladie entre les mains du malade, y compris sa guérison : « Il ne faudrait pourtant pas oublier que ce n’est pas le médecin qui vient à bout de la maladie, mais le malade. Le malade se guérit lui-même, comme c’est par ses propres forces qu’il marche, pense, respire, dort (2)».

D’autres médecins depuis sont allés dans son sens. Le docteur Erich Stern par exemple a signalé des guérisons multiples obtenues par psychothérapie dans la tuberculose pulmonaire.

Plus récemment, des médecins d’horizons divers comme Carl Simonton aux Etats-Unis, Michel Moirot (3) ou Henri Laborit (4) en France ont repris ces études sur le lien entre maladie et psychisme, le plus souvent au grand mépris du corps médical occidental, trop occupé à défendre la seule médecine classique (5).

Le docteur Dragan Buljevac (6) s’est hasardé sur ce chemin de traverse avec une étude sur les malades atteints de scléroses en plaques. Pour essayer de repérer un éventuel lien de cause à effet entre symptôme et psychisme, lui et ses collaborateurs se sont intéressés aux événements psychoaffectifs vécus par leurs patients dans les mois précédant les poussées de la maladie.

Ils leur ont confié un carnet dans lequel les malades devaient noter chaque jour tous les événements psychoaffectifs ressentis comme importants. L’analyse des carnets a montré qu’un traumatisme psychique était retrouvé chez 75% des patients entre 7 et 12 mois précédant les signes d’une poussée de sclérose.

Malheureusement, cette étude n’a pas été publiée de façon détaillée dans les journaux scientifiques. Elle a seulement fait l’objet d’un poster affiché lors d’un congrès de neurologie avant de tomber dans l’oubli. Dans cet exemple pourtant, la piste psychosomatique était très sérieuse !

Alors comment en suis-je arrivé à poser la question « Et si la maladie n’était pas un hasard ? ». Interne, puis chef de clinique assistant dans les Hôpitaux de Paris, je n’ai réellement commencé l’écoute systématique des patients qu’en devenant chef de service de neurologie dans l’hôpital d’une petite ville de province.

Ensuite, je me suis installé comme neurologue libéral parce que je voulais avoir tout mon temps pour discuter avec mes patients. Une véritable carrière à l’envers ! C’était en 1985. Depuis, j’ai écouté plus de 20.000 patients.

J’ai pu prendre mon temps avec eux, même si la médecine classique, alliée à une « médecine de l’oreille », est une procédure souvent lente, voire épuisante car les entretiens peuvent parfois durer deux heures, si cela est nécessaire.

Certes, pendant les dix premières années, je me suis senti bien seul dans mon cabinet en ville. Mais à partir de 1998, tout a changé. J’ai d’abord rencontré le psychanalyste Pierre Barbey qui m’a initié « à la lecture des scanners cérébraux ».

Il m’a patiemment appris à reconnaître sur une simple photo les zones du cerveau qui portent les traces venant de la « rumination d’un conflit ». Pendant sept ans, pratiquement chaque semaine, j’ai passé une journée avec lui à confronter, en aveugle, les données de la lecture du scanner cérébral au tableau clinique du malade.

Et pendant quatre ans, nous avons pu travailler ensemble à Paris, à la Salpétrière, grâce aux professeurs Hauw et Meininger qui nous ont accueillis dans leurs services respectifs. L’heure me semble donc venue de partager les découvertes de cette longue exploration de vingt années de travail.

Les données présentées ici ne font guère recette auprès des journaux scientifiques ou des réunions scientifiques car elles ne rapportent rien aux laboratoires pharmaceutiques.

De plus, elles émanent d’un médecin libéral et non d’un professeur de faculté ou du chercheur d’un laboratoire reconnu. Et puis, elles vont souvent à l’encontre du «médicalement correct».

Pourtant, je pense qu’il est utile de livrer dès maintenant le trousseau de clefs que j’ai rassemblé auprès des malades et des soignants. Chaque clef fournie permet une autre vision du symptôme.

Ne pas la livrer, ce serait quelque part ne pas porter assistance à personnes en danger.

CONFLITS ÉMOTIONNELS PROFESSIONNELS

— Un hold-up aux longues conséquences

Monsieur E., directeur de banque, a vécu un hold-up sanglant avec ses collaboratrices prises en otage. Arrivé rapidement sur les lieux, le commissaire de police avait mis l’ensemble du personnel en garde : « après un hold-up, mon expérience de policier montre que ceux qui l’ont vécu développent des maladies graves, voire des cancers, à cause du stress intense ». Six mois plus tard, un virulent cancer des ganglions s’était développé chez monsieur E. et l’a emporté en quelques semaines.

— Une mutation forcée

Monsieur R., enseignant, vivait dans la crainte d’être muté. Il ne voulait pas quitter cette ville parce qu’il y vivait une histoire sentimentale. Mais quelques jours après avoir reçu la lettre l’informant de sa mutation, il a déclenché une hémorragie cérébrale.

— Un patron de presse qui se brise le cœur

Monsieur K. dirigeait un journal qui existait depuis une vingtaine d’années et qui faisait vivre 80 salariés. Au début des années 90, la baisse des ventes au numéro et celle des recettes publicitaires le contraignit, la « mort dans l’âme », à cesser soudain la parution de son journal qui était aussi sa raison de vivre. Dans la semaine précédant la mise en liquidation judiciaire, il a été victime d’une crise cardiaque dont il se remit avec beaucoup de difficultés. La mort de son journal lui avait véritablement brisé le cœur.

— Un blocage suivi d’un cancer de la gorge

Monsieur R. était devenu le directeur technique heureux de son entreprise. Tous les projets passaient par lui et son président lui faisait entièrement confiance. Il avait ainsi prévu de travailler tranquillement jusqu’à ses soixante ans, puis de prendre sa retraite. Mais lorsque son PDG lui dit : « Je vous laisse mon entreprise », pour monsieur R. ce fut la panique. C’est comme si le pilote s’était soudain éjecté pour le laisser seul dans l’avion lancé à grande vitesse. Cette proposition lui fut insupportable et « dure à avaler ». Quelques semaines plus tard, l’oto-rhino-laryngologiste lui a biopsié une tumeur cancéreuse à l’arrière gorge.

— Un conflit professionnel dégénère en phlébite

Monsieur B., enseignant, vivait un important conflit professionnel. Directeur d’école depuis de nombreuses années, il avait été échaudé par une première expérience de conflits avec les enseignants de son établissement. A cause de ces litiges, il avait même demandé et obtenu sa mutation dans une petite école de campagne où il n’avait plus qu’une seule enseignante sous ses ordres. Malheureusement, c’est cette jeune personne qui prétendait tout commander. Et là, il n’a plus supporté son travail. Aussitôt, monsieur B. a fait une phlébite profonde de la jambe gauche ( phlébite surale ) sans aucune cause apparente puisqu’il fait du sport régulièrement et n’a aucun antécédent médical personnel ou familial. Cette phlébite l’oblige à rester chez lui pour suivre un traitement de piqûres anticoagulantes. La phlébite surale gauche lui a permis de rester au foyer pendant quelque temps, sans avoir à affronter l’enseignante qui commande à sa place. Les psychologues appellent cela le bénéfice secondaire de la maladie.

— Un cancer après une mise à l’écart

Monsieur G. était un cadre apprécié de sa compagnie d’assurances. Il ne lui restait que quelques années avant sa retraite, lorsque la société embaucha pour son service un ancien militaire qui ne connaissait pratiquement rien au travail. Au bout de trois mois, cet ex-militaire, arrivé de nulle part, fut nommé contre toute attente, à la tête du nouveau service restructuré de monsieur G. qui eut l’impression que son adminsitration lui avait fait « un enfant dans le dos ».

Quelques mois plus tard, une prise de sang systématique7 pour un homme de son âge révéla qu’il développait un cancer de la prostate. Il se trouva ainsi embarqué dans un cycle d’examens et de traitements le condamnant à devenir impuissant.

— Des soucis d’argent qui déclenchent des maladies graves

Monsieur H., boulanger, a été soudain obligé de se séparer de sa fille après avoir découvert qu’elle se servait dans la caisse. Quelques mois après ce drame, les médecins lui ont découvert un cancer du colon. L’ablation chirurgicale de la tumeur ne fut pas suivie de récidive et il put reprendre sa boutique. Mais quelques années plus tard, sa boulangerie fut touchée de plein fouet par la grande grève de la SNCF. Sa boutique se trouvant à côté de la gare, le plus gros de sa clientèle était représenté par les voyageurs qui allaient travailler à Paris. Une semaine, puis deux semaines passent pratiquement sans aucun client. Et lorsque la grève fut reconduite pour la troisième semaine, monsieur H. fut hospitalisé en urgence pour une hémorragie cérébrale qui lui laissa d’importantes séquelles. Il n’a hélas jamais pu reprendre son activité professionnelle.

— Une série noire qui entraîne des paralysies

Monsieur M., retraité, avait accepté de devenir le président d’une association fondée par un prêtre venant en aide aux familles d’enfants handicapés. Un beau jour, il découvre les problèmes : le trésorier qui venait d’être condamné pour pédophilie avait fait d’énormes trous dans la caisse. Monsieur M. se démena pour réparer un double désastre financier : l’association avait programmé un voyage au Canada le 12 septembre 2001, lendemain des attentats suicides à New York. Le voyage fut annulé et il avait fallu trois ans pour récupérer l’argent versé à l’agence de voyages ( des centaines de milliers d’euros ) et le rendre aux familles. La secrétaire de l’association chargée fit une jaunisse et mourut brutalement d’une rupture d’anévrysme cérébral. Quant à monsieur M., s’il est encore en vie, il présente maintenant des troubles graves du langage, constituant une maladie proche d’Alzheimer, appelée «aphasie progressive ».

— Une concurrence qui coule sa boîte

Pendant vingt ans, monsieur J. s’est battu pour se faire une place au soleil dans une grande ville avec sa boutique de télévision-hifi-vidéo. Au fil des ans, il avait agrandi sa surface de vente et grignoté les parts de marché de ses concurrents. Et un beau jour, il apprit l’installation imminente d’une Fnac non loin de son magasin. Aussitôt, il a pensé qu’il allait « couler », pensée qu’il rumina chaque jour. Huit mois plus tard, les médecins lui découvrirent un cancer du rein qu’il fallut opérer d’urgence.

— Une disqualification professionnelle entraîne un cancer

Monsieur R. avait notamment la responsabilité de former des jeunes dans son entreprise. Son travail lui plaisait et il pensait que sa façon de procéder était judicieuse. Mais quand il fut convoqué chez son supérieur hiérarchique, son monde s’écroula : son travail avait été jugé insuffisant et même dangereux. Son supérieur lui retira la formation des trois personnes dont il avait la charge. Peu après, son état de santé déclina. Sa fatigue, son amaigrissement, sa fièvre devinrent même inquiétants. Hospitalisé pour un bilan général, on lui découvrit un lymphome, c’est-à-dire un cancer des ganglions au niveau du thorax et de l’abdomen.

— Perte de pouvoir + retraite = paralysie mortelle

Monsieur B, exploitant agricole prospère, était aussi le maire de son village. Épanoui par cette fonction qu’il trouvait passionnante, il avait pris la décision de continuer son mandat même après sa retraite et était persuadé d’obtenir l’aval de son conseil. Et ce fut une vraie douche froide lorsque son premier adjoint lui demanda fermement de lui laisser la place aux élections suivantes. Quelques semaines plus tard, il sentit une gêne progressive de son membre supérieur droit. En quelques mois, même le maniement du stylo lui devint difficile. Un véritable handicap pour un maire ! Le bilan médical révéla une sclérose latérale amyotrophique (8). Très inquiet de la progression de sa paralysie, le maire décida de quitter le neurologue de la ville pour être suivi dans le service spécialisé d’un CHU. Alors qu’il était devenu presque totalement invalide, il déclencha peu après un cancer des ganglions ( un lymphome ) dont il mourut en quelques semaines.

[NDLR : Fin de l'introduction. Les gras et les ital du texte sont de la rédaction du site, pas de l'auteur. Sur le site du Jardin des Livres, une soixantaine de pages de l'ouvrage sont proposées en lecture.]

fév
29

L’EFFROYABLE SECRET DU PROFESSEUR HITCHCOCK (1)



par Bruno Duval

Pour regarder la télé, pas besoin de savoir lire, ni écrire.

Pour aller au ciné non plus, tout au moins depuis qu’il a joint la parole au geste, prenant alors, au grand scandale des lettrés, l’exact contre-pied du théâtre, dont il semble, jusqu’aujourd’hui, conserver verbalement l’empreinte indélébile comme spectacle mis en scène selon les exigences dramatiques de tel ou tel scénario.

Où l’image règne en maîtresse jalouse sur son amant le son, le symbole alphabétique n’est plus qu’un signal, fort ou faible selon la grosseur des caractères titrés sur l’écran. À cet égard, l’acteur, à première vue, se taille la part du lion, à plus forte raison s’il s’agit d’une star.

Et pourtant, comme son nom même le laisse entendre à demi-mot, le ciné ouvre à l’expression graphique un providentiel champ du signe, et par conséquent du signé… par l’auteur de la mise en scène, qui interprète à sa guise, en fonction du corps de l’acteur, les données du scénario.

Refoulée par l’image (et le son) de la réalité immédiate, la lettre opère, par d’autres voies que celle des voix, un retour d’autant plus organique qu’il est moins fonctionnel.

En témoignent les lettres qui figurent dans le champ de la vision, soit de façon active (échanges épistolaires, gros titres de journaux et autres sources d’information directe), soit de façon passive et, par conséquent, sous le rapport de l’imaginaire, d’autant plus alertes (affiches et autres inscriptions adventices, sans oublier les «petits papiers posés là par hasard»).

À première vue, de telles lettres n’obéissent, comme tous les éléments du spectacle qui se déroule sur l’écran, à aucune autre nécessité immédiate que celle de l’illustration plus ou moins littérale de tel ou tel motif d’origine littéraire.

À y regarder de plus près, elles constituent une mise en abyme susceptible d’orienter, dans tel ou tel sens symbolique, la mise en scène du spectacle proposé sur l’écran.

Il peut arriver que, dans l’écriture «scénique» de tel ou tel film, la métaphore littérale se révèle manifestement signifiante. Tel est le cas du M de Lang, initiale de l’allemand Mörderer, en français «Meurtrier». Inscrite à son insu sur le dos du personnage principal ainsi désigné à la vindicte publique, cette marque d’identification devient aussitôt, aux yeux du spectateur, marque d’infamie.

D’entrée de jeu, l’Etre est pris au pied de la lettre, et le corps de l’acteur à son corps. N’est-ce pas là, sur le plan mythologique, le propre de tout signe de reconnaissance offert au public populaire à travers des figures aussi emblématique que celle de Zorro, avec son Z évocateur du zigzag de l’épée, ou de Tarzan avec son intranscriptible cri. Dès le début de son histoire, le cinéma se penche, avec un zèle expressionniste, sur le cas de Caligari, dont les perspectives obliques transforment, à s’y méprendre, l’initiale en K.

Quand le cinéma prend lui-même sa propre fonction spectaculaire à la lettre, la lecture filmique, c’est aussi « de la lecture », et l’écriture filmique, « de l’écriture».

Reste à déchiffrer, comme une lettre parvenue à son destinataire, le discours réel de l’auteur parmi les oripeaux fictifs dont il se recouvre pour délivrer son message le plus substantiel.

Si Lacan entend par « lalangue » celle que tout le monde parle sans y prêter d’attention analytique, ses adeptes cinéphiliques n’ont pas encore précisé quel pouvait être, au cinéma, le statut de « lalettre ».

Paru en janvier 1985 (eh oui!) dans les colonnes de la défunte Revue du cinéma (ancien Image et Son), l’essai dont la première partie (quelque peu remaniée) suit fut la dernière contribution en date de son auteur à cet organe officiel de la fédération de ciné-clubs de la Ligue de l’enseignement, auquel il collaborait vaille que vaille depuis plus de dix ans. Dans ces colonnes ouvertes, au nom de la laïcité pédagogique, aux sciences dites humaines comme à la cinéphilie sans frontières géographiques ni catégoriques (de l’Art et essai aux regrettés « circuits-bis » d’exploitation en salles de quartier (2)), Bruno Duval faisait, comme à son habitude, cavalier seul en poursuivant une série de relectures critiques inaugurée, en novembre 1982, par Le Crime de M. Lang. De propos délibéré, sa démarche consistait à aborder, selon une perspective pansémiotique, l’étude de l’instance de la lettre chez quelques monstres sacrés de l’histoire du cinéma, réhabilités à retardement pour leur maîtrise de l’action mise en scène à l’intérieur du champ de prise de vue considéré comme microcosme symbolique de l’universalité réelle.

Après Lang, ce parcours semé d’embûches devait tout naturellement le conduire à Hitchcock.

C’est comme rédacteur de titres calligraphiés que ce dernier, dessinateur artistique de formation, a fait ses débuts dans l’art muet des images animées.

À la différence de sa période britannique, marquée par l’expressionnisme et empreinte de réalisme satirique, sa période américaine se conforme, en apparence, aux normes idéalisantes du système de production hollywoodien, tout en gardant un œil sur l’énormité visuelle de telle ou telle lettre. Dans Dial M for murder (Le Crime était presque parfait), il rend ouvertement hommage à Lang, qui l’a précédé dans cette voie.

Mais c’est Vertigo qui, après avoir heureusement perdu, dans les circuits de distribution, son ancien titre français de Sueurs froides, est aujourd’hui devenu la tarte à la crème de la critique savante, au point de donner son titre original à une revue soucieuse, si nos renseignements sont exacts, d’investigation théorique en matière d’art cinématographique.

Après l’avoir, à cet égard, mis à toutes les sauces, pourquoi ne pas prendre enfin Hitch… à la lettre ?

L’ÊTRE PRIS À LA LETTRE

 

« Un homme tue ce qu’il aime »
(Gatsby le Magnifique)

Rendant visite à sa fiancée Midge, l’inspecteur de police John Ferguson — dit « Scottie » —, mis sur la touche depuis que sa propension au vertige a engendré la chute fatale d’un de ses collègues, se montre vivement intrigué par un objet en forme d’arc de cercle suspendu au chevalet de cette artiste-peintre juchée, pour gagner sa vie, sur le tabouret de sa planche à dessin dans son atelier donnant, à travers de larges baies vitrées, sur les gratte-ciel de San Francisco. Le modèle, lui explique-t-elle plaisamment, est celui d’un « soutien-gorge auto-suspensif, conçu par un constructeur d’avions ». Loin de rassurer Scottie, une telle révélation ne fait que lui inspirer, envers le miracle d’équilibre ainsi opéré, une répulsion instantanée, bientôt étendue à sa son illustratrice, bonne copine toute en rondeurs à laquelle son cœur sur la main ne suffit plus, aux yeux de Scottie, à tenir lieu d’appâts.

Point n’est besoin d’avoir vu, à ses risques et périls, l’Aviator de Scorcese pour saisir, à la limite du private joke, l’allusion à Howard Hughes, magnat de l’industrie aéronautique devenu cinéaste soucieux d’exalter à sa convenance la poitrine aérodynamique de Jane Russell dans Le Banni.

À l’instar de Hughes dans la réalité historique, le héros hitchcockéen, réduit à l’impuissance professionnelle, sociale et — on l’a compris — sexuelle, serait-il lui-même irrémédiablement déséquilibré ?

Pour prouver le contraire, Scottie n’a d’autre issue que de retrouver du boulot dans le privé, où, sous prétexte de surveiller une épouse déboussolée, il fait le jouet d’une machination criminelle tirant parti de sa propre vulnérabilité. Fascinée, en apparence, par le double arc de cercle tendu vers le ciel du Golden Gate — «Porte d’or» entre le présent et le passé de cette splendide ville côtière — «Madeleine», qui n’a pas besoin de soutien-gorge «auto-suspensif», feint de perdre l’équilibre devant Scottie. Plus à l’aise dans l’eau qu’en… haut, notre héros n’hésite pas à plonger au pied du célèbre pont suspendu pour la sauver de cette prétendue noyade volontaire, et renaître ainsi, en rêve, à une nouvelle vie, où la terre-à-terre Midge revêtirait les apparences « célestes » d’une blonde aux yeux de chat.

Soucieux de maintenir, pendant toute la durée du film, le spectateur suspendu aux moindres réflexes de son héros, le «maître du suspense» fait son apparition rituelle, un porte-voix à la main, dans la cour des chantiers navals que le diabolique metteur en scène de la situation tient de sa véritable épouse, ignorée du spectateur.

Diriger la construction d’un moyen de transport (litt. : «métaphore») ou régler les moindres détails d’une mise en scène, n’est-ce pas, en premier lieu, une question de suspension ? Dans chaque cas, l’enjeu essentiel — Hitchcock ne s’en cache pas — consiste à faire reposer quelque chose sur… rien.

Or, dans l’absolu, l’univers entier repose-t-il sur autre chose que sur rien ? Rien, à première vue, ne permet de le soutenir. Par le détour d’un genre particulièrement spectaculaire — le thriller « à suspense » — proverbialement identifié au nom même de Hitchcock, l’univers fictif animé par le film n’est autre, sous un rapport métaphorique à l’adéquation hallucinante, que l’univers réel, autant dire à travers les apparences d’ «une ample comédie aux cent actes divers», le fait d’être uni vers quelque chose «plutôt que rien».

HÉROS OU ZÉRO ?

Aspiré par le vertige du vide, Scottie n’en demeure pas moins, au comble de l’angoisse, attiré par le plein de la suspension de «Madeleine», autour de laquelle la suspension de sa propre limousine lui permet de tourner. De sa quête désespérée — valse-hésitation ponctuée par l’intensité érotique des regards et des gestes suspendus —, ni le soutien-gorge vide de Midge, ni les lunettes ironiquement ajoutées par l’artiste à son hideux autoportrait en la Morte par amour Carlotta Valdès, pour la réincarnation de laquelle l’Autre feint de se prendre, ne réussissent à le distraire.

Dans une clairière aux allures d’éternité, les «amoureux» découvrent, dans une forêt de séquoias millénaire, une souche de forme circulaire dont les strates datées relativisent le temps par rapport à l’espace. Au temps où, selon l’époux félon qui, devant une marine, s’en ouvrait au début à notre héros, comme selon le vieux libraire spécialiste de l’histoire de San Francisco qu’il consulte pour en savoir plus sur Carlotta Valdès, «la puissance et la liberté étaient données à l’homme pour se débattre au sein d’une nature sauvage», l’arbre lui-même a pu — au prix d’un arrachement castrateur à sa racine — donner matière à un pont… ou à plusieurs mâts de navires. Ce n’est là, bien sûr, qu’un rêve d’innocence romantique qui n’est plus de mise aujourd’hui, où l’idée même de Nature n’est qu’une image (publicitaire ou, au mieux, artistique), dont le vieux monastère espagnol, théâtre d’un dénouement cyclique, ne conserve d’authenticité que muséale.

Si épris soit-il, Scottie, dans Vertigo, reste impuissant, pour préserver intact l’objet de son désir, à remonter en sens inverse de sa chute dans le temps, l’escalier en spirale de son propre vertige, qu’il brave en poursuivant «Madeleine» dans l’escalier en colimaçon le menant au clocher du monastère mexicain d’où, en spectateur impuissant, il croit la voir se jeter. Après l’équilibre physique, la «faute impardonnable» de Scottie lui fait perdre le psychique. Faute d’avoir pu résoudre la quadrature du cercle architecturalement figurée par le cercle de la cloche suspendue à l’intérieur du clocher ajouré, il plonge au comble d’une dépression hypersignalisée sur l’écran par le jeu des cercles concentriques annoncés par le générique. Il n’a pu résoudre la quadrature du cercle de sa propre dualité (John/Scottie), à première vue contradictoire à celle de l’objet de son désir (Madeleine/CarlottaValdès).

Midge, qui lui rend visite en clinique, il ne la reconnaît même plus. Elle doit, à nouveau, laisser la place à une autre, et le cauchemar à un nouveau rêve éveillé. Errant, à sa sortie de clinique, dans les bas-quartiers de Frisco, Scottie reconnaît, dépouillée de toutes marques d’idéalité bourgeoise, une «Madeleine» brune dont le rouge à lèvres écarlate et le corsage vert émeraude exaltent professionnellement les appâts. Prétendant se prénommer Judy, comme une figure familière du Punch and Judy show — théâtre de marionnettes britannique —, c’est bien ce beau châssis «sans âme» dont le suborneur a tiré les ficelles pour jeter son épouse réelle du haut du clocher.

Pour providentielle qu’elle soit, la réalité n’est pas le rêve, et Judy n’est pas «Madeleine». Pour retrouver l’objet perdu de son désir puritain, Scottie n’a de cesse que d’effacer sur elle toute trace de prostitution. Devenant à son tour, pour tenter de guérir, metteur en scène de la substitution criminelle d’une vivante à une morte, il découvre peu à peu, par identification au vrai coupable, la machination dont il a été victime et, face à l’évidence de son innocence formelle — et de sa culpabilité fondamentale —, retrouve l’équilibre.

Redoublant, comme point de suspension du nombre, le Zéro unique du Vide, la spirale ascendante du baiser circulaire dans le clocher entre Scottie et Judy «redevenue» Madeleine lui confère, à l’intérieur de l’espace-temps mental du spectateur, la dimension même de l’infini (∞). Même si, par nature, le «zéro» tend vers l’infini, sa hantise de basculer dans le vide l’empêche, en l’occurrence, d’accéder à l’infini positif du Plein absolu. Au lieu du «Créateur» présumé, c’est la «créature» qui tombe sous le coup de la loi : «Dieu aie pitié !» murmure la religieuse en cornette venue enfin sonner les cloches au héros guéri… à jamais inconsolable.

À l’instar de son propre manipulateur et du vieux libraire, la créature Scottie, enfin réconciliée avec son créateur, est incurablement nostalgique de «l’Age d’or de San Francisco», mais le sien était un Paradis terrestre, avant la Chute dans le temps de l’Adam cosmique.

Selon Jean Douchet, exégète gnostique de Hitchcock, il en va ainsi… du réalisateur lui-même.

Réduite à sa plus simple expression, la proverbiale silhouette du «Maître du suspense» ressemble, de façon caricaturale, à un zéro plein, dont son svelte héros figure symboliquement le double idéalisé, mais vide. En tant que Zéro absolu de l’origine, l’œil prégénérique donnant sur le vide — en réalité la salle aussi pleine (d’yeux) que possible — engendre, comme un lapin sortant du chapeau d’un prestidigitateur de génie, la spirale du chignon de «Madeleine».

À son corps défendant, le héros hitchcockéen se révèle être l’unique dépositaire d’un secret qui ne repose que sur du vide. Entre le vide du secret et le secret même du vide, il n’y a — c’est le cas de le dire — qu’un pas : celui de l’identification finale du Vide au Plein. Faute d’atteindre, par une prise de conscience globale de sa propre situation critique, à l’infini de l’Amour divin, «Johnny O’», comme le surnomme affectueusement Midge, n’est plus qu’un… Zéro, centre vide du suspens. À l’oreille du spectateur, le bizarre diminutif de Midge — proche de midget : « nain » — peut passer pour une déformation de Madge (« Marjorie »), qui partage avec Madeleine — figure symbolique du rachat — sa première syllabe : MAD.

De façon métaphorique, l’univers de la folie s’identifie ici à celui de la lettre.

Sous le masque émouvant mais quelque peu hagard de Johnny O’, Alfred HitchcOck engendre à la fois Vertig… O et San FranciscO. Grand architecte de la suspension sémiotique, il va jusqu’à construire à l’oreille un pont phonologique entre la première syllabe de GO…lden Gate et la dernière de Verti…GO, comme entre la première syllabe de SCO…ttie et la dernière de San Franci…SCO, prénom du chantre du Créateur à travers ses créatures, en particulier… les Oiseaux, son chant du cygne, ultérieurement tourné, non loin de San Francisco, dans la baie des Beaux dégâts, où Mitch, le plus beau des gars n’est pas le seul à faire des ravages auprès de l’institutrice.

De la « Porte dorée » à la Légende dorée, il n’y a qu’un pas, mais, en prenant le glissement de sens à la lettre, comment ne pas penser, devant le SCOTTIE F… de Stewart, à… FRANCIS SCOTT Fitzgerald et à son Magnifique Gatsby, désespérément amoureux de l’inaccessible Daisy.

Rien à voir avec l’origine littéraire réelle de Vertigo, qui, par-delà Boileau-Narcejac, puise ses racines chez le poète symboliste Georges Rodenbach, auteur, sous le titre Bruges-la-morte, de la «véritable histoire» de Madeleine, elles-mêmes inspirée par les Mortes-vivantes de Edgar Allan Poe. Et puisque les rationalisations a posteriori de Hitch en matière de mise en scène semblent tout droit dérivées d’une Philosophie de la composition où Poe prétend n’avoir conçu, étape par étape, son Corbeau que pour procurer « scientifiquement » le maximum d’émotion à son lecteur, la boucle du forfait cinématographique sera provisoirement bouclée sur la résolution antérieure, par le challenger naturaliste de Hitch, d’une affaire de lettres anonymes (3).

Bruno Duval (à suivre)

1. Titre français d’un film d’horreur gothique réalisé, en 1962, par Ricardo Freda sous le pseudonyme de Robert Hampton et le titre anglais de Raptus. Même si le pastiche victorien tient davantage de Terence Fisher que de Hitchcock, la mise en scène puise aux mêmes sources expressionnistes et le scénario épouse la trame de celui de Rebecca, dont il dévoile au grand jour l’obsession nécrophilique. Le succès commercial de l’entreprise lui vaudra une suite : Le Spectre (du docteur Hitchcock), distribué lui aussi dans les circuits-bis de l’exploitation cinématographique.

2. Après s’être emparée du titre de la première revue « littéraire » française de cinéma d’après-guerre, la revue du « Cinéma-bis » (western italien, karaté, porno, etc.) était devenue une Revue du cinéma-bis.

3. Mais, puisque, pour décrocher la timbale d’un contrat hollywoodien, Boileau-Narcejac s’était permis de faire, via Rodenbach, un enfant dans le dos à Poe, pourquoi, en vue de sonder les abysses du Rêve américain, Hitch n’en aurait-il pas fait autant à Hawks, co-réalisateur du Banni de Hughes, qui aurait plus tard, professionnellement, partie liée avec Faulkner (à « Faucon(s) », « Faucon » et demie).

jan
10

II. Détruire la Planète et mourir le plus riche du cimetière

 

par Richard Sünder

 

Jacques Monod, dans son ouvrage, Le Hasard et la Nécessité (Le Seuil, 1971), se défend de prétendre exposer une théorie de la sélection des idées.

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Puis, aussitôt après, il écrit : « […] on voit bien que les idées douées du plus haut pouvoir d’invasion sont celles qui expliquent l’homme en lui assignant sa place dans une destinée immanente, au sein de laquelle se dissout son angoisse ».

Telle est, selon lui, la raison pour laquelle les idées religieuses se seraient imposées aux hommes.

Jacques Monod ne semble pas avoir vu que non seulement les religions ne dissolvent en rien l’angoisse de la mort — qui est le fondement essentiel et métaphysique de toutes les autres — mais encore qu’elles promettent aux Enfers leurs fidèles infidèles.

En ce sens, elles sont également un instrument de terreur, d’emprisonnement et d’aliénation.

Toutes les activités aussi bien animales qu’humaines et même les activités physiques, apparemment objectives, comme la rotation des planètes, des systèmes solaires et des galaxies, ont bel et bien un sens. Et un sens évident !

Boire quand on a soif, manger quand on a faim, dormir quand on est épuisé, se mettre à l’ombre quand il y a canicule, pour éviter le cimetière, se chauffer quand il fait froid. Et même reconstruire la forêt dans la plaine, sous forme de hutte pour y entretenir le feu et s’abriter des intempéries.

Tempérer le climat, en ce qui concerne la physique, pour permettre l’apparition de la vie.

LA CONNAISSANCE SEUL DISSOLVANT DE L’ANGOISSE

Le sens — c’est-à-dire trouver la direction qui permet de satisfaire un besoin — n’est pas seulement un besoin idéologique, c’est également un besoin biologique, un besoin physique, et le plus naturel des besoins naturels.

Ce qui est absurde, c’est de forcer le sens au-delà du besoin, donc du nécessaire, et de pousser à tout prix la consommation pour accroître le profit qui détruit la planète et mourir le plus riche du cimetière.

La finalité du Monde n’est pas d’accroître le profit — qui est le plus artificiel des besoins et nous en payons le prix macabre : l’accélération de la fin du Monde.

Jacques Monod voit bien que c’est l’angoisse qui est « créatrice de tous les mythes, de toutes les religions, de toutes les philosophies et de la science elle-même ».

« Que cet impérieux besoin soit inné, inscrit quelque part dans le langage du code génétique, je n’en doute guère pour ma part », écrit-il.

Mais il rejette aussitôt ce besoin, pourtant inné, d’une « histoire totale qui révèle la signification de l’Homme en lui assignant dans les plans de la nature une place nécessaire ». Pour y substituer « la connaissance objective comme seule source de vérité authentique » !

Accoler l’épithète d’authentique à la vérité est assez étonnant : existerait-il une vérité qui ne soit pas authentique ? L’important est qu’alors Jacques Monod élimine toute mythologie, toute intuition et tout délire, comme si l’inconscient n’existait pas.

Or le simple fait que la mémoire existe et permette de se remémorer des faits oubliés est la preuve irréfutable que l’inconscient existe. Eh oui, puisqu’on n’est plus conscient de ce qu’on a oublié — mais qui n’est pas aboli.

Comme on n’a trouvé nulle part — et surtout pas dans le cerveau — la trace de la mémoire ancienne, donc inconsciente — la mémoire inactive (ROM dans l’ordinateur) et non pas la pensée présente, active (RAM dans l’ordinateur), laquelle est bien dans le cerveau, tout comme la mémoire vive active est sur l’écran de l’ordinateur — l’inconscient relève donc bien de la métaphysique.

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À moins que, conformément au préjugé de Jacques Monod, il ne soit, lui aussi, codé par les gènes, ce dont on me permettra de douter.

MÉMOIRE VIVE OU ACTIVE ET MÉMOIRE MORTE OU PASSIVE

LA SCIENCE OU L’OBCURANTISME MATÉRIALISTE

ÉRIGÉE EN RELIGION DE LA NOUVELLE ALLIANCE

Il n’y a dans le cerveau, comme sur l’écran de l’ordinateur, que la mémoire active, actuellement présente. Il n’y a pas plus de mémoire de bibliothèque, archivée, donc inactive dans le cerveau que dans la partie du disque de l’ordinateur consacrée au système.

À cette Histoire totale, Jacques Monod substitue donc l’Histoire partielle, donc totalitaire : la vérité scientifique — dont on a vu qu’elle n’était, bien souvent — notamment en médecine mais souvent même en physique et en biologie — qu’une suite d’erreurs, de préjugés et d’absurdités, parfois ridicules, voire burlesques — c’est-à-dire la vérité scientifique absolue et totalitaire.

L’ancienne alliance remplacée par la nouvelle et unique source de vérité : la science totalitaire, qu’il appelle la nouvelle alliance — la religion de la matière substituée à celle de l’Esprit, et dont on se demande pourquoi elle n’a pas encore décidé l’ablation ou la lobotomie de l’hémisphère doit de la subjectivité.

Voici les derniers mots de son livre : « […] l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’Univers d’où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n’est écrit nulle part. À lui de choisir entre le Royaume et les ténèbres. »

Entre la science et l’obscurantisme. C’est-à-dire entre l’obscurantisme scientifique et l’obscurantisme religieux, la science — Nouvelle Alliance — étant érigée en religion.

Ce qui est comique dans cette assertion et dans la prétention de Monod à la connaissance objective est que, à 15 ans, pour se venger des rigueurs de l’éducation protestante que ses parents lui avaient imposée, il avait juré de démontrer que Dieu n’existait pas.

Or c’est bien ce préjugé métaphysique qui lui a fait soutenir que toute l’information génétique était exclusivement dans l’ADN et qu’elle était à sens unique, de l’ADN vers l’ARN, jamais l’inverse. Il avait tort : le contraire fut démontré.

Mais, de toute façon, c’est bien le rayonnement à haute fréquence qui faisait muter les ADN des premières cellules biologiques.

C’est donc bien à ce rayonnement que l’on doit les mutations des premières cellules et la différenciation qui a permis de créer l’arborescence prodigieuse des êtres vivants.

Faute de dialectique, Monod ne fait rien que substituer l’obscurantisme matérialiste à l’obscurantisme spiritualiste. Seule la Gnose est dialectique et, de ce seul fait, capable de parvenir à la seule connaissance vraie, qui doit être totale mais ne saurait être totalitaire.

PENDU AU-DESSUS DE LA FALAISE (CLIFFHANGER)

LA MORT AUX TROUSSES

Pour conclure, Boris indique que « la clé ultime de la structure absolue du réel réside dans le fait que, depuis l’origine, le Cosmos obéit au procédé même de la série : le cliffhanger » — littéralement ce qui est suspendu, en suspens, au-dessus de la falaise.

Cliffhanger désigne — comme il le rappelle — une histoire dont la fin reste ouverte avec un effet de suspense.

Comme par hasard, au moment même où j’écris ces lignes, la télévision diffuse un film de Hitchcock… le maître du suspens, dit-on.

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La Mort aux trousses
(North by northwest) avec Cary Grant, Eva Marie Saint et James Mason, dans lequel se trouve la fameuse scène de l’aéroplane qui saupoudre d’insecticide les cultures de maïs absentes et s’écrase sur un camion-citerne.

Curieusement, la scène décisive du film, l’avant-dernière, est celle où l’on voit Eva Marie Saint (Miss Kendall) suspendue au-dessus de l’abîme du Mont Rushmore, sous les têtes sculptées dans la roche de George Washington et de Thomas Jefferson.

Tandis que Cary Grant (Thornhill) la retient par la main, lui-même se retenant par l’autre main au rebord du rocher, tandis que Leonard, l’acolyte de James Mason (Vandamm) lui écrase la main avec la semelle de sa chaussure.

Exactement le cliffhanger dont parle Boris.

Horrible et haletant suspens… Vont-ils choir dans le vide ?

L’IMPOSSIBLE CHEZ HITCHCOCK ET LA RELATIVITÉ ABSOLUE

Non, bien sûr mais peu importe.

Ce qui importe c’est que toute cette scène est simplement impossible, invraisemblable et fausse.

D’abord parce que le héros ne pourrait simplement pas rester seul suspendu par une seule main au-dessus du vide et qu’il pourrait encore moins résister au poids de l’héroïne qui s’ajoute au sien, puisqu’il la retient avec son autre main.

Avant même que Leonard lui écrase la main avec la semelle de sa chaussure, il devrait choir avec l’héroïne dans le vide.

Mieux encore, l’autre scène célèbre, aux Nations Unies, où Townsend tombe dans les bras de Cary Grant (Thornhill), un poignard planté dans le dos, est invraisemblable.

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Que Cary Grant-Thornhill prenne le malheureux dans ses bras, passe, mais que, en accompagnant sa chute au sol, il saisisse le poignard, alors qu’il devrait prendre la victime à bras-le-corps et des deux bras, est simplement invraisemblable.

Encore un cliffhanger puisque Townsend tombe vers le sol, retenu par Cary Grant-Thornhill, au-dessus même de l’abîme absolu, celui de la mort, et qu’on n’en comprend la raison que lorsque la caméra — système d’optique qui permet de relativiser le temps : elle le fixe sur la pellicule — nous montre le dos du diplomate… un poignard entre les deux épaules.

Les parchemins, les fresques, les sculptures, l’imprimerie, les livres, les tableaux, la photo, le cinéma, la gramophone, le téléphone, la télévision, l’électronique, l’hologramme, l’ordinateur, système de mémoire, internet anagramme d’éternité, tous ces systèmes qui fixent le temps, comme la mémoire holographique, pour le mémoriser, le retenir éternellement, sont les moyens de la Relativité absolue.

L’effort même de l’humanité pour tenter de vaincre la mort, d’atteindre à l’immortalité.

L’éternité, c’est la Relativité absolue.

Ce n’est sans doute pas par hasard que tant de cinémas s’appellent l’Éden.

INCONSCIENT, PSYCHANALYSE ET CINÉMA :

UN DIFFICILE MÉNAGE À TROIS

Reste l’invraisemblance. Or, quand on les examine attentivement, la plupart des films de Hitchcock reposent sur une et même plusieurs scènes totalement invraisemblables.

Sans parler des films caricaturaux qu’il a pu faire, quand il a prétendu toucher à la psychanalyse, comme Spellbound, (La maison du Docteur Edwardes, 1945) et Marnie (Pas de printemps pour Marnie, 1964), qui sont invraisemblables et presque ridicules dans les scènes de mémoire psychanalytique.

Il est vrai que Joseph Mankiewicz n’a guère fait mieux dans Suddenly Last Summer (Soudain l’été dernier, 1960), d’après le roman de Tennessee Williams, bien que Mrs Venable (Katheryn Hepburn) soit admirable et, elle, parfaitement plausible jusqu’à la dernière scène de l’inversion de la folie de la belle-fille à la belle-mère.

Toutefois, le chirurgien-psychanalyste, Montgomery Clift, est aussi invraisemblable que l’association de la chirurgie et de la psychanalyse, tout comme Gregory Peck parfaitement incrédible en tant que Dr Edwardes.

Ce qui n’est pas le cas de Gérard Jugnot, étonnant analyste dans le petit chef d’œuvre d’humour d’Yves Lavandier, Oui mais…

Reste que le cliffhanger américain est une histoire qui reste ouverte jusqu’au dernier moment. Boris a raison de souligner que la conception que l’on se fait de la nécessité et du hasard sont en général erronées.

D’abord certains soutiennent qu’il n’y a pas de hasard et d’autres que tout se fait par hasard. C’est ce que disait Jacques Monod des mutations génétiques.

LE RÔLE DÉCISIF DE LA FAILLE DU TIERS-UNIVERS

ET DU RUBAN DE MÖBIUS DANS LA CONNAISSANCE

Selon le modèle géométrique de l’Arithmétique thermodynamique, le Cosmos — notre Monde — est le produit simultané du Zéro plein — donc de la pression infinie de la nécessité absolue — et de l’Infini vide qui est la dépression infinie du hasard absolu.

Si l’on s’en tient à cela, cela signifie que le Cosmos est le produit d’un système logique — le couple Zéro-Infini — aussi absolument fermé (en Zéro) qu’absolument ouvert (en l’Infini).

Par conséquent, le déroulement de l’Histoire est aussi absolument déterminé, par le Zéro, qu’il est absolument indéterminé, par l’Infini.

Étant bien entendu que Zéro et Infini ne font qu’un ! Ils sont le produit mutuel l’un de l’autre et l’irruption de la sophistique en tant que fondement même du Cosmos.

Comme le Cosmos physique est bien le moyen terme ou le médiateur absolu à équidistance des deux extrêmes arithmétiques, Zéro et Infini, c’est toujours, comme le dit Boris, dans une bande très étroite — qui est le moyen terme entre les extrêmes —, et dans cette bande seulement, que peut se produire l’événement décisif qui fait qu’on passe d’un niveau d’organisation élémentaire à un niveau d’organisation complexe.

C’est ce qui arrive lorsque, entre l’Univers qui se contracte et l’Anti-univers qui se dilate, et sur toute la surface de la sphère intermédiaire qui divise le Tiers-univers en deux parties sphériques égales, apparaissent, toutes en même temps, les galaxies de matière et d’antimatière, parce que cette surface sphérique est celle où toutes les conditions sont la synthèse parfaite des conditions extrêmes.

LE SYSTÈME VA-T-IL SE BLOQUER OU PAS ?

Même chose pour les mutations des ADN, qui permettent de fabriquer des protéines, puis des cellules biologiques et leur évolution jusqu’à l’homme.

Alors chaque nouvelle mutation semble prodigieusement aléatoire mais elle ne peut pas ne pas se produire, parce que la bande ou la porte étroite qui la permet, si étroite soit-elle, est, chaque fois, la synthèse parfaite des contraires.

Le changement ne pouvait pas ne pas se produire. Et pourtant il est le fruit du hasard. D’autant que les ondes électromagnétiques vibrantes sont l’Ordonnateur de toutes les fonctions d’ondes possibles et même impossibles du Monde et qu’elles sont donc le système même du calcul des probabilités !

Ce qui réduit considérablement la durée des calculs.

Mais surtout, dès qu’il apparaît, le Cosmos physique est constitué par deux univers contraires, Univers et Anti-univers, mais entièrement constitués des corpuscules discontinus les plus élémentaires — les objets simples de Wittgenstein, vidéons et antividéons.

Ces deux univers sont contraires, l’Univers central est le foyer hyperchaud et il rayonne des corpuscules incidents, divergents et hyperchauds.

L’Anti-univers périphérique est l’optique — le miroir — hyperglaciaire qui rayonne des corpuscules réfléchis, convergents et hyperglaciaires.

Le système va-t-il se bloquer ? Le choc des deux univers contraires va-t-il provoquer l’implosion générale ?

Affreux, infernal et haletant suspens !

Pas du tout ! Le cyclone cosmique entraîne la rotation des deux sphères en sens inverse l’une de l’autre, ce qui crée, entre elles, une gigantesque faille, celle du Tiers-univers, dans lequel les rayons linéaires de corpuscules incidents (antividéons) et les rayons linéaires de corpuscules réfléchis (vidéons) se torsadent, sous l’effet des deux rotations contraires, et se superstructurent en ondes hélicoïdales incidentes et réfléchies, synthèse ondulatoire continue, donc relativiste, de la mécanique quantique des vidéons et des antividéons.

CLIFFHANGER, TIERS-UNIVERS ET RUBAN DE MÖBIUS

Principe même et surréalité du ruban de Möbius. C’est bien dans la faille du Tiers-univers — cliffhanger cosmique — où les corpuscules discontinus « tombent » que les deux rotations inverses les superstructurent en hélices, donc en ondulatoire continu.

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Le modèle géométrique de l’Arithmétique thermodynamique est le modèle même de la structure dialectique de notre Cosmos, comme on le voit ci-dessus (schéma 4).

Les rayons incidents des antividéons de l’Univers et les rayons réfléchis des vidéons de l’Anti-univers sont entraînés à se torsader et à se souder en hélices incidentes et réfléchies (les sabliers de la figure) qui sont la synthèse des deux univers contraires.

Ce schéma n’est pas seulement le modèle de la structure dialectique du Cosmos. Il est aussi le modèle même de la structure de notre cerveau (involontairement confirmée par Jean-Pierre Changeux : cristaux empilés comme ceux de l’Anti-univers au cours de la deuxième phase du cycle cosmique), et de la structure des ADN et des protéines.

Et, bien entendu, c’est aussi le modèle même du célèbre ruban de Möbius, principe même de la synthèse dialectique et de la sortie du Dédale.

Boris a donc parfaitement raison de dire qu’il s’agit bien, comme dans les séries, d’un cliffhanger.

D’autant que l’émergence des Australanthropes, qui vont distinguer radicalement les futurs hommes des singes, se produit, comme par hasard, après l’effondrement de… la faille du Rift, qui sépare les primates restés en haut de ceux qui sont tombés en bas, dans ce qui va devenir une savane de hautes herbes, sans arbres et battue par les vents, où la station debout est indispensable pour survivre.

SANS LES POUMONS FABRIQUÉS PAR DES POISSONS

MENACÉS D’ASPHYXIE DANS UNE MER QUI S’ASSÉCHAIT

NOUS NE SERIONS JAMAIS NÉS

Être debout permet de voir la proie autant que le prédateur. Les primates d’en bas, contraints par leur besoin de s’adapter pour survivre, vont devenir des hommes.

Ceux qui sont restés en haut, dans la forêt, vont rester des singes. Il est alors clair que la faille du Rift est un cliffhanger et que l’avenir des primates qui étaient en bas — au contraire de Cary Grant-Thornhill — avaient un avenir aussi parfaitement aléatoire que parfaitement inéluctable.

L’élément toujours et radicalement décisif, dont Hubert Reeves et encore moins Jacques Monod ne pipent mot, c’est le rôle essentiel du désir de s’adapter pour survivre.

C’est que Reeves, comme Monod et les généticiens et la majorité des biologistes, en sont encore à la théorie de Monod, selon laquelle les mutations ne se sont produites qu’au hasard.

Si c’était le cas, il n’y aurait eu aucune raison pour que les oiseaux développent des ailes plutôt que des nageoires.

En outre, ça n’aurait pas été déterminé dans le temps. Des poissons sont sortis des eaux, parce qu’ils ont développé des poumons, à côté de leurs branchies, dans une mer qui s’asséchait, pour l’évidente raison qu’ils avaient le désir impérieux, littéralement vital, de survivre à l’asphyxie, en pompant l’oxygène de l’air.

Si les mutations propres à satisfaire leur désir, s’étaient faites au seul hasard, le miracle ne se serait jamais produit… à temps. Ils seraient donc morts. Et nous-mêmes ne serions jamais nés.

Cary Grant-Thornhill et Eva Marie Saint-Kendall rejouent, dans les deux sens, puisqu’ils choient quasiment dans le vide, l’évolution des cellules biologiques qui se créent dans la soupe primordiale, lors de la fonte des glaces qui recouvrent la biosphère, pour créer des poissons à double respiration — Dipneustes et Crossoptérygiens — qui, ayant la mort aux trousses : la mer s’assèche — seront contraints de survivre sur les terres émergées.

LE RÔLE DÉCISIF DU DÉSIR DANS L’ÉVOLUTION

Le couple Thornhill-Cary Grant et Kendall-Eva Marie Saint est hautement symbolique.

Hitchcock a choisi les acteurs mais il n’a pas choisi leurs noms. Moi non plus. Le réalisateur et moi-même ne sommes donc pour rien dans la double, triple et lourde symbolique de leurs noms sauf qu’elle ne m’a pas échappée.

Eva Marie Saint est bien le symbole de la Mère cosmique et Cary Grant, le porteur (carry) du don ou de la Loi de Dieu (grant). Tous deux sont comme l’incarnation du couple Zéro-Infini, l’Être absolu et l’Infini, son néantiel miroir.

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Christophe Moustier, Miroirs du château de Nans-les-Pins
(Gnu Free Documentation)

Le couple n’atteint certes pas à la dimension tragique de Roméo et de Juliette, qui ne seront réunis que dans la mort. Hitchcock n’est pas Shakespeare et son public a besoin d’une satisfaction immédiate.

Le couple vainc la mort qu’il a aux trousses, en remontant sur la falaise, sans chute dans l’abîme.

Mais non sans l’aide du contre-espionnage : la CIA — l’Agence centrale de l’intelligence cosmique, manipulateur inconscient analogue à l’esprit ceint ou à l’inconscient collectif, c’est-à-dire l’ordonnateur des fonctions d’ondes qui est le calcul relativement absolu des probabilités de l’Évolution.

C’est lui qui réglera son compte à Leonard, depuis le sommet de la tête pétrifiée des présidents, taillés dans la roche en symbole éternel de l’Être absolu.

Car le désir, c’est le moteur essentiel de l’évolution, dès que l’Ordonnateur des ondes électromagnétiques — qui ne cesse pas de produire des vibrations d’ondes, donc des fonctions d’ondes — est parvenu à se réfléchir et à se reconstruire dans le cerveau d’êtres conscients.

Là l’accélération de l’évolution est prodigieuse. Près de huit milliards d’années pour fabriquer des systèmes solaires et des cellules biologiques, et dix millions d’années pour faire évoluer les cinomorphes et fabriquer les hommes.

Observons alors que, si les animaux à sang chaud se sont couverts de poils, c’était bien évidemment pour résoudre leur conflit entre le besoin de chaleur interne et l’existence du froid extérieur.

Ils étaient bien conscients de ce conflit puisque l’agression du froid les stressait nécessairement, ce qui n’était le cas ni des rochers ni des cailloux ni même de leurs cellules ou de leurs organes qui n’ont pas de cerveau, donc pas de conscience.

Sans la conscience du froid, du conflit vital de survie qui, faute de poêle, ne pouvait se résoudre qu’à l’aide du poil, aucun mammifère n’aurait jamais développé de toison.

LE DÉSIR MOTEUR DE LA SYNTAXE :

LAMARCK, DÈS 1800, AVAIT COMPRIS QUE,

SANS DÉSIR, IL N’Y AURAIT PAS EU D’ÉVOLUTION

L’évolution, tout au contraire de s’être faite exclusivement au hasard, comme le soutenait Jacques Monod, s’est bel et bien faite aussi par la nécessité d’un besoin engendré par un désir conscient (en l’occurrence se protéger du froid ou du chaud, etc.).

Comme l’avait bien compris le chevalier de Lamarck (ci-dessous), dès 1800 ! Plus de soixante ans avant Darwin, qui l’ignore encore!

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Le chevalier de Lamarck
(Gnu Free documentation)

À l’inverse, lorsque les hommes apprennent à se protéger, par l’habitat et le vêtement, des intempéries, ils résolvent le conflit et, du même coup, perdent leur toison animale.

Toutes les adaptations du corps au milieu passent nécessairement par la prise de conscience du conflit et le désir de le résoudre.

Ces adaptations sont bel et bien — comme les « maladits » — des modifications biologiques qui sont régies par la même syntaxe que celle du langage.

C’est la thèse soutenue par le chevalier de Lamarck en 1800. C’est la thèse que j’ai défendue avec l’exemple des poissons à double respiration qui ont survécu à la disparition de la mer qui s’asséchait.

C’est la thèse que défend Claude Sabbah dans son séminaire d’éthologie. Et c’est bien évidemment la thèse du plus élémentaire bon sens.

La deuxième évidence est que ces modifications ne peuvent pas être le produit exclusif du hasard. Croire que ces modifications puissent se produire exclusivement au hasard, comme l’affirmait Jacques Monod, équivaut à tenter de rendre compte des faits par un conte de fée.

D’ailleurs, les faits ont démenti le conte : chaque fois qu’on réunit en laboratoire les constituants moléculaires de la vie bio-atomique en présence d’un catalyseur non biologique, des A.D.N. se constituent spontanément.

Et Henri Laborit de commenter : « Curieux hasard qui obéit alors à des lois logiques ! »

« Si les girafes ont le cou long, c’est parce que leurs ancêtres l’ont voulu », dit pertinemment Lamarck. C’est lui qui a raison et Jacques Monod avait tort de dire que cette explication est « inacceptable ».

Les mutations qui allongent leurs pattes et leur cou correspondent au besoin d’atteindre aux plus hautes branches qui résout un conflit entre le besoin et la raréfaction de la nourriture et témoignent du couplage étroit entre le milieu, les adaptations anatomiques et les performances de l’espèce.

Toutes les mutations, donc les adaptations, d’une espèce n’ont pas d’autre cause que le conflit entre le milieu et l’espèce.

Ce qui est aujourd’hui inacceptable est de croire innocemment comme Jacques Monod qu’elles ne sont que le produit exclusif du hasard.

Elles passent nécessairement par la prise de conscience du conflit et le besoin de le résoudre. Tout ce qui affecte le corps est un programme biologique de survie, destiné à assurer la pérennité de l’espèce.

Et c’est bien parce qu’ils avaient la mort aux trousses — ils devaient nécessairement capter l’oxygène de l’air, donc fabriquer des poumons — que les poissons qui n’étaient pas parfaitement adaptés à la vie marine ont survécu à l’assèchement de la mer, quand les hyperadaptés, les méritants qui n’avaient en stock que l’option marine ont tous crevé quand l’eau s’est évaporée.

Leur cliffhanger était cependant inversé : l’eau évaporée n’a laissé émerger que la Terre.

Richard Sünder (à suivre)

jan
09

I. Détruire la Planète et mourir le plus riche du cimetière


par Richard Sünder
Les coïncidences accidentelles ! C’était le thème proposé pour le numéro 35 de Pan. Histoire de montrer que, si aléatoires fussent-elles, elles étaient nécessaires. L’ayant constaté tant de fois, dans l’organisation logique évidente mais involontaire de la revue, je n’avais pas l’intention de m’en soucier davantage. Le hasard s’en chargerait pour moi.

Ça n’avait pas tardé. Je préparais un article sur la cosmologie, la relation de la physique et de la métaphysique et le sens du Monde, quand je reçois l’article de Boris Sirbey. Titre : La Métaphysique des séries… Tiens ! je ne savais pas qu’il pouvait y avoir une chose aussi étrange que la métaphysique dans les séries !

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D’autant que je n’avais aucune idée des séries dont il pouvait s’agir. Suite de nombres ou expressions mathématiques, chères à Daniel Daligand, série convergente, divergente, transformation en série de Fourier, série de timbres, de volumes, de billard ? Voire soldes de fin de séries — mais c’était un peu tôt. Je n’y étais pas.

Il s’agissait des séries de télévision !

Comment, diable, ces séries pouvaient-elles avoir une métaphysique ?

C’est l’instant que choisit ma voisine — une charmante Antillaise, qui savait pourtant que je n’ouvre jamais ma porte à quelqu’un qui n’a pas annoncé sa visite — pour sonner. Je ne sais pourquoi, mais j’ouvre.

«Je ne vous avais pas vu depuis longtemps», me dit-elle comme si le sens sous-entendu de sa phrase allait de soi. Une autre voisine était morte de la canicule il y a quelques années. Mais, en novembre, la canicule est rare.

« Vous pensiez donc que j’étais au cimetière. J’y suis allé, en effet, mais il n’y avait plus de place ! »

Riant, elle regagne son appartement au bout du couloir. Elle m’avait donc cru mort. Je referme ma porte, sur l’étrange impression d’avoir pris un coup de vieux.


NOUVEL HYMNE POUR L’EUROPE : LA DANSE MACABRE

Je me replonge dans l’article de Boris, non sans m’interroger sur le sens de cette interruption macabre. Parbleu ! Mais il est là, dans le texte.

Eh oui, le monde moderne, libéral et mondialisé, bref l’industrialisation à outrance, le réchauffement de l’Enfer et la surirradiation à en crever, c’est le système même de destruction de la planète à vitesse exponentielle.

C’est l’évidence depuis quarante ans. Mais il a fallu attendre 2007 pour qu’on l’admette ! Ce ne sont pas les 3500 Airbus qu’EADS va livrer dans les années qui viennent, ni les deux centrales nucléaires EPR vendues à la Chine, en attendant la Lybie, qui vont améliorer les choses.

Dans ce cadre mortifère, la prospérité n’est promise qu’aux méritants, donc aux compétitifs — ceux qui ont un si lourd conflit de dévalorisation que, faits de toc et frappés de tics, ils ont un besoin de revanche si délirant que, dès la petite enfance, ils décrochent la croix d’honneur, plus tard les stock-options, ou le bail à l’Élysée — en attendant l’anéantissement final.

Eh oui, le seul but, la seule finalité du système est de « mourir le plus riche du cimetière » — comme dit Boris Sirbey, avec l’humour grinçant et noir de la Danse macabre de Saint-Saëns, hymne de l’internationale mondialisante. Car c’est bien là le seul moyen de donner, non pas cinq, non pas quatre, non pas deux mais un seul et faux sens au Néant éternel qui nous attendrait après la mort — croyance dominante de l’Occident civilisé.

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La Danse de la Mort
Gnu Free Documentation

Dans l’espoir de voir sa binette dans les magazines Fortune ou Time, on fait tout, comme un gosse immature — idoles Johnny Hallyday et Elvis Priesley, c’est dire le niveau intellectuel —, pour occuper tous les écrans de télé possibles, sans voir que ça finira par exaspérer.

Pour que le symbole colle vraiment à la réalité, je suggère qu’on remplace le chant européen, l’Hymne à la joie de Beethoven, par l’Hymne à la mort de Saint-Saëns : La Danse macabre.

Voici que Boris estime que les séries TV — longtemps passées pour « un genre mineur » — sont devenues le lieu où se joue « l’avenir même de l’intelligence humaine ». Rien que ça ? L’énormité du paradoxe laisse pantois !

L’instrument même d’abrutissement des masses sauverait l’intelligence humaine ! Ah bah… Mais Boris s’explique. Plusieurs auteurs de ces séries, comme Sam Mendes, en ont fait le dernier refuge de la transcendance. La télévision serait-elle en train de réaliser la prédiction d’André Malraux : le Troisième millénaire sera religieux ou ne sera pas ?

MORT DE L’ÂME ET NAISSANCE DU FANTASTIQUE

Mais, ce qui me frappe, dans l’article de Boris, c’est que Charles Nodier, en 1830, année de la révolution et de la chute de Charles X, presque un siècle avant l’invention de la télévision (le premier brevet de télévision «tout électronique» date de 1923), voit un effet de vases communicants entre la perte d’âme — donc de sens — de la civilisation industrielle et l’émergence du fantastique dans la littérature.

Ce n’est pas encore le besoin contemporain d’« une fuite schizophrénique de la réalité », comme dit Boris. Mais c’en est le prélude.

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Charles Nodier
Gnu Free Documentation

Le paradoxe, c’est que, en devenant un moyen de communication de masse, la télévision — à l’origine réservée à l’élite de ceux qui avaient les moyens de s’offrir un récepteur — est d’abord devenue un instrument de contrôle de l’information — à la grande époque de l’ORTF (Office de radio-télévision française) qui court des années soixante aux années quatre-vingts —, puis un instrument d’abrutissement des masses à partir de la fin des années quatre-vingts — c’est en 1987 que Bouygues achète TF1 pour 3 milliards de francs.

Cependant que des centaines de chaînes privées sont bientôt créées mais, pour les regarder, il faut payer des suppléments.

Jusqu’à ces dernières années, en fait de libération de la conscience, de l’individu et de l’être, la télévision, comme toute la technologie moderne, n’a guère servi qu’à emprisonner toujours davantage la conscience et l’être dans le bagne sans issue du circuit de la société de consommation qui fait de la planète la fosse à purin de la société de défécation.

C’est là la loi de la Relativité absolue : plus la quantité d’information diffusée tend vers l’infini, plus la qualité de l’information tend vers zéro. Plus le développement des moyens de communication tend vers l’infini, plus la communication effective tend vers zéro. Plus l’audience tend vers l’infini, plus la qualité des programmes tend vers zéro.

NOOS, FERAS-TU LE VAMPIRE ?

À l’origine du développement d’internet — moyen de communication au début réservé à ceux qui ont les moyens financiers de se connecter — l’usager peut s’adresser directement, par email, au PDG de son fournisseur d’accès (FAI).

Par exemple, au début des années 2000, ma communication par internet, via mon fournisseur d’accès Noos, est coupée durant 25 jours. J’envoie un message au PDG — j’ai son email — et son service de communication m’offre en dédommagement deux mois d’abonnement gratuit.

En 2007, je n’ai plus de communication internet, via mon fournisseur d’accès Noos (devenu) numéricâble, quatre mois durant. Je n’ai plus aucune communication, ni par email, ni par téléphone avec mon FAI. La communication par email, automatique, n’aboutit à rien, sauf pour l’envoi et le paiement des factures.

La communication par téléphone est payante — temps d’attente inclus — et ne fonctionne gratuitement que pour souscrire de nouveaux contrats. Quant aux pseudotechniciens, qui ne sont ni polytechniciens ni informaticiens, ils n’y connaissent strictement rien et ne sont là que pour vous garder le plus longtemps possible au téléphone, pour lequel vous banquez ! Au bout d’une demi-heure, ils vous raccrochent au nez.

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Le fardier de Cugnot, 1769
(Gnu Free Documentation)

Même chose pour l’automobile. En 1936, inauguration des premiers congés payés, peu de gens peuvent s’en offrir une. Mirobolante, féerique, l’automobile est à l’évidence le moyen même de la liberté, celle de l’individu, libre, comme un dieu, d’aller où il veut, de se mettre en route et de s’arrêter quand il le souhaite.

Se mouvoir par soi-même — c’est être automobile — et à une vitesse toujours accélérée — 1 km/heure puis 4 pour le fardier de Cugnot, en 1769, sous Louis XV, 20 km/h, puis 40 pour les premières voitures, 180 à 200 km/heure pour la plupart des voitures moyennes aujourd’hui.

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En 2006, soixante-dix ans plus tard, en Occident, presque tout le monde a une voiture et beaucoup en ont deux ou plus. Résultat : on ne peut plus rouler.

Les autoroutes se sont multipliées, il faut payer pour les utiliser. Les radars sont aussi en progression exponentielle, il y en aura bientôt partout. Tous les parkings sont payants. Le carburant aussi, dont le prix ne cesse de croître. Dans trente ans, il n’y en aura plus.

La pollution est générale et, tandis qu’EADS va produire 3500 Airbus de plus, la ministresse de l’économie et des Finances, Lagarde, provoque un grand stress en nous disant de prendre la bicyclette. Mais elle, la prend-elle ?


DU JARDIN D’ÉDEN AUX ENFERS : DU BONHEUR À L’APOCALYPSE

Bref, le moyen qu’on croyait absolu de la liberté n’est pas seulement devenu quasiment une voiture cellulaire sous contrôle policier, traquée par les radars, le GPS, cernée par les panneaux d’interdits et de limitation de vitesse, suivie, surveillée, pistée par la gendarmerie et les compagnies républicaines de sécurité routière, dont le conducteur est ceinturé, ligoté, muselé — gare au téléphone portable —, suspect de délinquance, voire de meurtre, sur le chemin de la correctionnelle, voire des Assises.

Mieux encore, l’automobile risque à échéance de disparaître faute de pétrole pour rouler. Le moyen même de la liberté est devenu l’instrument même de l’aliénation et de l’emprisonnement : l’espace même, sous écran de contrôle, est devenu une prison virtuelle.

Il en va de même pour la télévision, l’ordinateur, le téléphone mobile, qui sont tous aux mains des transnationales de l’entente illicite et du vol organisé. En fait de liberté, tous ces instruments qui devaient nous la donner se referment sur nous comme un bagne infernal dont les murs ont été démasqués : nous sommes en liberté totalement surveillée.

Sous le titre Vie Privée : les citoyens toujours plus surveillés, Secuser.com écrit : « La liberté des citoyens s’est réduite un peu plus en 2007. C’est globalement la conclusion que l’on peut tirer de l’étude The Privacy & Human Rights (Vie privée et Droits de l’homme), dans le rapport de 2007, établi par les organisations Privacy International de Londres et Electronic Privacy Information Center (Centre d’information sur la vie privée électronique) de Washington ».

Soudain, l’évidence de la Genèse est là : la pomme de l’Éden — celle d’Apple, des mobiles, de la voiture, d’internet et de l’électronique — nous la mangeons chaque jour. Le Paradis promis, sur la planète — les publicités de la télévision nous montrent et nous promettent à longueur d’année la féerie de l’Éden —, vient, à s’y méprendre, de s’inverser en l’Enfer.

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Gnu Free Documentation

Au moment même où le philosophe René Girard, auteur de Achever Clausewitz, rappelait — sur France-info, le 27 septembre 2007 — que l’Église catholique a cessé d’évoquer l’Apocalypse en 1946, peu après les explosions nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki, en août 1945, pour ne pas effrayer les fidèles.

René Girard dit, dans son ouvrage, que l’industrie des hommes aiderait à accélérer l’Apocalypse de Dieu. Idée qui mériterait d’être éclairée.

La science et la raison ne nous ont pas libérés de la servitude et de la superstition. Elles ont fait de nous les esclaves du système d’enfermement dans notre propre aliénation sous vidéo-surveillance policière et électronique — on nous promet pour 2008 des logiciels espions sur nos ordinateurs. L’île du Diable !

D’ailleurs, comme les bagnards et les déportés, nous sommes tous immatriculés par un numéro de SS. Sans même parler de la puce électronique qu’on finira par nous mettre sous la peau !

LA BEAUTÉ DU DIABLE ET LE CHAMEAU QUI PLEURE

Marcel Pagnol, dans La Femme du boulanger, fait dire à l’instituteur, qui répond au curé, que l’Enfer, c’est la Terre et qu’il faut avoir l’esprit absolument pervers pour imaginer pire Enfer que la Terre.

René Clair, dans La Beauté du diable, montre Michel Simon — modeste subalterne du grand Lucifer : « Je ne suis qu’un démon de deuxième classe ! » dit-il en l’invoquant, après avoir pris les traits du professeur Faust.

Mais Simon-Faust éclate de rire, lorsqu’il voit la représentation ridicule que les hommes se font de l’Enfer, sans même comprendre qu’ils sont le Diable — la division de Dieu —, au point d’imaginer quelque chose d’aussi dérisoire et burlesque que des démons à queue fourchue et trident, attisant le feu des Enfers.

Certes la fourche est le symbole de la division, mais tout de même ! Dans Faust, l’inversion est claire, le Monde des hommes, satanique, est le terme de la chute de Lucifer, l’Ange de lumière — l’électronique —, dans la matière des Enfers.

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L’Enfer, c’est les autres, dit Sartre. Donc Sartre est le Diable, comme Faust, en tout cas un fragment, comme tout le monde.

Reste que, si l’Apocalypse est bien l’implosion des galaxies de matière et d’antimatière, dans le Nagasaki et l’Hiroshima cosmiques, la thèse de René Girard, selon laquelle l’industrie nucléaire humaine serait le prélude et la main-forte des hommes prêtée à l’Apocalypse de Dieu, pourrait prendre tout son sens, sans toutefois justifier les diables à cornes et queue fourchue autrement qu’en symboles.

Surtout si l’on pense aux derniers mots de Iahvé dans la Genèse — les plus stupéfiants parce que c’est la promesse de l’immortalité —, où l’arbre de vie symbolise l’énergie nucléaire : « Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous pour connaître le bien et le mal. Qu’il n’étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l’arbre de vie, n’en mange et ne vive pour toujours ! »(Genèse 3-22).

Quant aux croyances de la masse — les idées reçues de la pensée unique —, des rectifications s’imposent. L’idée — répandue, des années durant, à la télévision par François de Closets et ses confrères journalistes prétendus scientifiques et dépourvus de tout esprit critique — que nous sommes totalement déterminés par nos gènes, par exemple, n’est rien qu’une ineptie.

Ainsi les atrophies fronto-limbiques des jeunes — aussi bien des hommes que des macaques — provoquées par la mort de l’un ou l’autre des parents ou des deux, c’est-à-dire par des chocs psychologiques vitaux, se réparent-elles d’elles-mêmes dès que les jeunes retrouvent un environnement affectif réconfortant ou un substitut des parents.

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Cela a été expliqué par Boris Cyrulnik, dans son ouvrage De Chair et d’Âme, comme je l’ai rappelé dans l’article (publié sur ce site) Le Chameau qui pleure.

Curieusement, c’est en 1818, que Mary Shelley publie son célèbre Frankenstein, où elle raconte comment le médecin crée un homme en utilisant l’énergie divine — le « feu du ciel » de l’Apocalypse de Jean, qui fait penser à l’énergie nucléaire, puisque le feu du ciel est le soleil qui est précisément une gigantesque réaction nucléaire en chaîne.

D’où l’assimilation de Frankenstein — c’est le nom du médecin — à Prométhée, voire à Sisyphe qui sont réputés avoir dérobé le secret des dieux pour le livrer aux hommes. L’auteur romain Pline l’Ancien (23-79) considérait l’utilisation du feu sacré — le feu de Dieu, donc du soleil — comme un sacrilège aux conséquences terribles.

L’APOCALYPSE ET LE FEU DU CIEL SUR LA TERRE

Ainsi Frankenstein incarne-t-il la toute-puissance de la science qui détourne la puissance divine.

Non sans avoir eu quelques prédécesseurs, Sisyphe et Prométhée dans la mythologie grecque, Lucifer dans la mythologie chrétienne, Azraïl chez les Musulmans et d’autres dans la mythologie nordique et celles d’Extrême-Orient.

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Mais, si la puissance divine est dialectique, la science de l’homme ne l’est pas. Celle-ci exclut la subjectivité et la Métaphysique.

Il est écrit dans l’Apocalypse de Jean : « Je vis ensuite surgir de la terre une autre Bête, portant deux cornes comme une agneau, mais parlant comme un dragon. Au service de la première Bête, elle en établit partout l’empire, amenant la terre et ses habitants à adorer cette première Bête dont la plaie mortelle fut guérie. Elle accomplit des prodiges étonnants : jusqu’à faire descendre, aux yeux de tous, le feu du ciel sur la terre […]. »

Le feu du ciel sur la Terre, c’est le feu du soleil, donc le feu nucléaire, qui a bien été lâché sur la Terre, en 1945, à Hiroshima et Nagasaki.

Il est alors frappant que des auteurs inspirés par l’inconscient collectif — le surréel — puissent écrire un mythe que le réel réalisera.

Ce qui prouve l’existence, au sein même de notre Monde, du surréel, primo, le maillage vidéonique — corpusculaire discontinu —, qui reconstitue, sous forme finie, l’Arithmétique originelle, le couple métaphysique absolu de l’Être et du Néant, comme le constituant le plus élémentaire du Cosmos physique et, secundo, le maillage des ondes électromagnétiques — ondulatoire continu — qui est la superstructure de l’Arithmétique, donc des vidéons et des antividéons en Analyse des fonctions d’ondes, donc en mathématique complexe.

LA MÉTAPHYSIQUE S’INCARNE DANS LA PHYSIQUE :

LES DEUX MAILLAGES DU TISSU DE L’ESPACE-TEMPS

Or les deux maillages (arithmétique et fonctions d’ondes) de ce tissu sont bel et bien l’état fini de la métaphysique absolue — le couple Zéro plein-Infini vide de l’Être et du Néant.

Les deux maillages de ce tissu — en particulier vidéons et antividéons — sont l’état relatif et fini de la métaphysique absolue et infinie.

Le fait que ce tissu — notamment vidéonique — soit trop fin pour être vu et qu’il échappe donc à toute expérience directe signifie clairement qu’il est la métaphysique relative et finie — donc la transcendance — au sein même du Cosmos physique fini.

Il n’a cependant pas échappé à l’expérience indirecte, réalisée en 1997 — il y a dix ans déjà —, au CERN de Genève, par Nicolas Gisin et son équipe sur les photons jumelés, qui conservent rigoureusement la même trajectoire en s’éloignant l’un de l’autre à la vitesse de 300.000 km/seconde, pour la simple raison qu’ils échangent l’information relativement métaphysique de cette trajectoire.

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Nicolas Gisin a d’ailleurs qualifié l’expérience de «métaphysique».

Rien d’autre que ce tissu relativement métaphysique ne peut expliquer que les concepts métaphysiques de Zéro, d’Infini, d’infinité des nombres de l’Arithmétique et l’idée même de Métaphysique existent dans notre Monde.

Il n’y a là, d’ailleurs, rien que de logique, puisque les deux thèses — contradictoires — sur l’origine de notre Cosmos physique sont précisément le Zéro plein de Robertson et de Walker et l’Infini vide qui est le Vide quantique des physiciens quantiques.

C’est-à-dire l’Arithmétique, le Verbe infini, absolu puisque le Zéro et l’Infini en sont les deux nombres primordial et ultime, qui n’en font qu’un.

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C’est ce tissu « métaphysique » relatif et fini (ondes électromagnétiques, vidéons et antividéons ou tachyons), mais potentiellement infini, que l’on désigne sous divers noms, comme l’Esprit saint, l’Inconscient collectif, les Anges, les mémoires akashiques, les champs idéomorphogénétiques, etc.

C’est ce tissu — (tout particulièrement les vidéons) qui ignore notre temps physique, parce qu’il peut aussi bien le descendre que le remonter à des vitesses prodigieuses — auquel on attribue des propriétés féeriques, miraculeuses, angéliques ou diaboliques.

C’est ce tissu qui a inspiré les prophètes, les poètes, les conteurs et les fées. C’est ce tissu qui est à l’origine de la Mythologie et de tous les mythes.

QUAND LES SILLONS DU LABOUREUR RÉFLÉCHISSENT

LA PENSÉE MYTHIQUE EN PENSÉE RATIONNELLE

C’est, bien entendu, ce tissu, qui est le fondement même du Monde, que Kant a exclu de la connaissance scientifique.

C’est ce tissu mythique et mythologique, qui est le fil de chaîne et le fil de trame et les confins du métier à tisser cosmique, que la science et les rationalistes aveugles ont cherché à éliminer, sans même se poser la question de savoir comment le concept même de Métaphysique pouvait exister dans le Cosmos d’où ils prétendaient l’éliminer.

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Séries TV, l’ouvrage de Boris Sirbey,
Editions Edysseus, 2007

Boris souligne qu’en éliminant le mythe et la Mythologie — donc le délire — on a vidé le Monde de son contenu, en faisant une coquille vide.

Comme si on avait supprimé le rêve chez le dormeur — et l’on sait qu’un animal ou un homme qui ne peut plus rêver meurt sans coup férir.

Déjà, dans les années soixante, dans son excellent et très remarquable ouvrage, Le Geste et la Parole (tome 2, Albin Michel, 1962) l’anthropologue André Leroi-Gourhan regrettait «l’appauvrissement des moyens d’expression irrationnelle» causé par la science.

Il y montrait que l’écriture linéaire rationnelle s’est développée au moment de l’émergence de l’agriculture — ce qui correspond, dans le modèle, à la réflexion des ondes électromagnétiques incidentes (schéma 4, ci-dessous).

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Lesquelles, retournées sur elles-mêmes par les parois cristallisées de l’Anti-univers, sont inversées en ondes réfléchies qui se vissent dans les incidentes.

Tout comme l’aller et retour de la charrue dans le champ implique l’alternance de sillons incidents et de sillons réfléchis.

PAS D’ACTION SANS THÉORIE PRÉALABLE,

DONC PAS DE COSMOS PHYSIQUE

SANS VERBE ET SANS SYNTAXE

Toute action, quelle qu’elle soit, implique un moteur, donc de l’énergie, donc un sujet, un objet, donc de l’inertie, un projet, donc un sujet, un trajet, du temps et de l’espace.

Tous ces éléments sont des éléments de la syntaxe. La syntaxe étant la loi logique qui articule toute action, quelle qu’elle soit, il est évident qu’un élément de la syntaxe implique tous les autres parce que toute loi est un tout indissociable.

En outre aucune loi ne saurait exister indépendamment des objets qu’elle gouverne — elle serait alors littéralement sans objet et n’aurait aucune raison d’être — et aucune action ne saurait se produire sans la théorie — préalable ou concomitante — qui la définit et la décrit.

Toute théorie implique une réflexion.

La réflexion — littéralement ce qui re-fléchit, en sens contraire, un rayonnement — n’est possible qu’au moyen d’un miroir, donc d’un système d’optique.

Pas de réflexion sans optique.

Le miroir est l’optique qui permet à un sujet de voir la totalité de sa propre image, dos et face arrière compris, objectivée comme un objet extérieur à lui-même, qui est re-fléchi vers lui-même, parce que le rayonnement incident du miroir dorsal lui est renvoyé par le miroir frontal.

C’est cette image objective réfléchie par le miroir qui permet au sujet de se voir et de se comprendre, en tant qu’entité, intégralement lui-même, à la fois en tant que sujet réfléchissant et qu’objet pour les autres (le stade du miroir de Lacan).

Le miroir est donc indispensable à la syntaxe, puisqu’elle permet au sujet de s’objectiver.

De ce seul fait, il est évident que la syntaxe — c’est-à-dire la loi logique qui articule toute action, quelle qu’elle soit, y compris les éléments des phrases et du discours, et qui gouverne les sept couples dialectiques de contraires — ne saurait exister sans miroir, donc sans optique.

D’autant que l’Objet absolu, c’est-à-dire l’Infini vide, est le Néant absolu, infiniment vide, donc de température infiniment nulle : de ce seul fait, le Néant, donc l’objet absolu, est infiniment glacial et cristallisé.

Contraire du Zéro, donc de l’Être absolu, le Néant est l’Infini vide, donc le Miroir ou l’Optique absolue qui permet la réflexion absolue de l’Être, donc du Zéro qui en est le Foyer.

Il est donc simplement impossible d’imaginer le Zéro, donc l’Être absolu, indépendamment de son propre miroir, l’Infini vide, donc le Néant, qui est la cristallisation en Optique du Zéro, qui est son propre foyer.


L’ONTO-NÉANTOLOGIE ABSOLUE

La syntaxe ne saurait donc exister sans la relation dialectique du foyer et de l’optique et, du même coup, sans la relation dialectique de températures contraires, c’est-à-dire sans la Thermodynamique.

La syntaxe est donc indissociable de la Thermodynamique. Laquelle est la loi logique qui gouverne la relation dialectique de l’énergie et de l’inertie.

Conclusion irréfutable : la Syntaxe, la Thermodynamique et l’Optique ne sauraient exister indépendamment l’une des autres.

La Syntaxe étant indissociable du langage qu’elle gouverne, Syntaxe, Thermodynamique, Optique et Langage ne peuvent exister que simultanément : ils sont donc, aussi nécessairement qu’inéluctablement, une seule et même chose.

À savoir l’Arithmétique infinie, qui est la Loi, le Langage et le Verbe absolus.

La Syntaxe est donc, irréfutablement, la loi unitaire absolue de la thermodynamique, de l’Optique et du Foyer, de la lévi-gravitation quantique — condensation infinie de l’infinité des zéros en un seul, en Zéro plein de densité infinie, et décondensation infinie de l’infinité des zéros à l’infini, en l’Infini vide de densité zéro —, du magnétisme — les zéros sont doués de propriétés magnétiques —, de l’Arithmétique, donc du Verbe absolu, c’est-à-dire du Zéro et de l’Infini, de l’Être et du Néant.

En un mot : l’onto-néantologie absolue.

De quoi faire s’effondrer d’un coup le château de cartes dichotomiques de Descartes, qu’il serait temps d’écarter en ces temps de théorie unitaire.

La réflexion est donc, à l’évidence, le moyen et le principe même de l’optique, du miroir et de la rationalisation. Laquelle n’est possible qu’avec une optique réfléchissante et le monde virtuel qu’elle implique.

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Miroirs du château de Nans-les-Pins,
Christophe Moustier
Gnu Free Documentation

Optique, donc miroir, et image virtuelle, donc réflexion objective du sujet, de l’objet et de l’action comme de la pensée, sont les moyens même de la rationalisation sans lesquels aucune réflexion, ni aucune théorie d’une action — y compris la théorie nécessairement métaphysique du Cosmos physique — n’aurait jamais pu se produire.

Sans la théorie nécessairement métaphysique infinie, donc absolue, préalable ou concomitante à son apparition, jamais le Cosmos physique fini ne serait apparu.

LE COSMOS PHYSIQUE FINI INVERSÉ

EN COSMOS MÉTAPHYSIQUE INFINI

Or il est apparu.

Et il ne peut être apparu que de son propre contraire : le Cosmos métaphysique infini, qui nécessairement l’a précédé, fût-ce — comme c’est le cas — au court d’un instant de durée nulle, en l’espace néantiel infini — l’Infini vide —, corrélatif au temps infini — l’éternité — condensé à l’infini en l’espace nul — le Zéro plein.

Ce qui est alors remarquable, c’est que le Cosmos ou le Monde virtuel réfléchi — à l’infini — par l’optique du Miroir cosmique est alors totalement imaginaire et métaphysique. Il n’a aucune existence physique : il est virtuel. C’est de la métaphysique à l’état pur.

Mais elle n’est possible que par l’optique qui reproduit, sous forme virtuelle et inversée, le Cosmos physique fini et réel à l’infini métaphysique et irréel.

Et c’est bien alors le Miroir, qui clôt le Cosmos par une optique d’un cristal presque absolument pur, qui constitue la barrière — alors infranchissable — entre le Cosmos physique fini et réel, et l’image virtuelle, donc métaphysique, qui le réfléchit à l’infini optique — le miroir, à facettes hexagonales lors de sa cristallisation, s’arrondit progressivement lors de l’expansion et finit par devenir sphérique mais toujours hermétiquement clos— l’empêchant de se disperser à l’infini.

C’est bel et bien ce Miroir, optique aussi vierge qu’impénétrable, qui est la barrière et l’écran physiques de la Métaphysique — elle empêche le Monde physique de franchir son propre seuil et de se débander à l’infini — qui, retournant le rayonnement électromagnétique hélicoïdal incident, qui véhicule l’image incidente des objets du Cosmos réel, l’inverse en rayonnement hélicoïdal réfléchi et objectif, qui permet la réflexion objective de l’image et de la pensée subjective. Le simple fait que la réflexion existe prouve de manière irréfutable l’existence de la Métaphysique.

Ne serait-ce que parce que rien ne peut exister sans son contraire et que, par conséquent, sans métaphysique, il n’y aurait pas de physique. Le simple fait de récuser la Métaphysique, comme exclue du Cosmos physique, pose et implique l’existence de la Métaphysique.

De la même manière que toute pensée incidente implique la même pensée réfléchie et, du même coup, l’existence du Miroir cosmique clôturant les confins du Cosmos physique : l’Anti-univers.

LA CONNAISSANCE INTERDITE ET LE BESOIN DE L’ESSENCE DU SENS

Reste que l’écriture linéaire rationnelle a fini par éliminer l’écriture foisonnante irrationnelle ou mythique que Leroi-Gourhan compare aux épines divergentes de l’oursin.

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Ce qui, dans le modèle, correspond à l’expansion divergente des ondes électromagnétiques incidentes et non réfléchies.

Mais, sitôt qu’elles sont réfléchies, les réfléchies se vissant dans les incidentes, l’expansion divergente s’inverse en contraction convergente. La réflexion est provoquée par le barrage et l’opposition des parois cristallisées de l’Anti-univers, symbolique de l’interdit de Kant — analogue à celui de la Genèse —, qui exclut la connaissance métaphysique.

Mais il faut faire observer à Kant que l’interdit, dont il a frappé la connaissance métaphysique, n’est rien d’autre que la barrière du cristal cosmique de l’Anti-univers, qui clôture les confins cosmiques, et c’est précisément ce qui a permis à Kant sa réflexion.

Laquelle ne se fonde sur rien d’autre que sur ce qu’elle récuse : le Miroir cosmique qui est le fond même sphérique et optique du Cosmos qui n’a pas encore… fondu.

Quelle est l’origine de ce besoin de sens ?

Richard Sünder (à suivre)

nov
12

JEAN-PIERRE CHANGEUX MONTRE QUE LE NÉOCORTEX CÉRÉBRAL EST CONSTRUIT SUR LE MODÈLE DE L’ANTI-UNIVERS

PAR RICHARD SÜNDER

La thèse qui est l’objet d’un consensus — c’est-à-dire la thèse la plus généralement admise — sur l’origine du Cosmos physique fini — notre Monde — est celle du cosmologiste belge Georges Lemaître — jésuite et chanoine — qui en fournit le modèle mathématique en 1927. Dit « modèle standard », son travail précisait et complétait les idées développées, entre 1922 et 1924, par le cosmologiste russe Alexandre Friedmann.

Cette cosmologie, dite aussi de « l’atome primitif » (qui n’a strictement rien d’un atome), est plus connue sous sa dénomination populaire : le Big Bang, qui lui fut attribuée, en 1948, par dérision, mépris et désapprobation, par le physicien britannique Fred Hoyle. Foncièrement hostile à l’idée d’explosion d’un « atome » primitif, qu’il jugeait absurde, Hoyle était partisan d’un cosmos en création continue, qui aurait existé de tout temps.

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Le chanoine Georges Lemaïtre,
auteur du modèle standard, dit Big Bang
(GNU Free Documentation)
COSMOLOGIE, BIG BANG

ET BOUFFONNERIE

La cosmologie est « l’étude ou la science des lois physiques du Cosmos » — étant entendu que la Physique est la Nature observable : en un mot le Réel. C’est donc une science physique qui a pour objet de nous éclairer sur l’origine de notre Monde, le Cosmos physique fini, et les lois qui le gouvernent.

Mais elle cherche à nous éclairer sur cette origine sans quitter son domaine, la physique. C’est-à-dire en restant ancrée dans le Réel — la Nature visible —, réputé seul objet d’expérience.

Comme si notre Monde s’était produit lui-même par autogenèse. Chercher, au sein même d’un système, la cause de sa genèse, c’est évidemment présupposer qu’il s’est créé lui-même.

Idée d’autant plus stupéfiante qu’elle implique que notre Cosmos physique fini aurait dû déjà exister pour se produire lui-même, puisqu’il lui aurait bien fallu puiser en lui-même ses propres constituants !

Mais quel besoin aurait-il eu de se produire s’il existait déjà ?

Peut-être pour s’assurer qu’il ne rêvait pas, qu’il existait bel et bien. Reste que les logiciens ne se priveront pas de dire qu’il s’agit là d’une évidente absurdité qui montre que les modèles mathématiques ou cosmologies peuvent démontrer, dire et prévoir tout, et son contraire, donc n’importe quoi, au mépris de la logique élémentaire.

On peut alors se demander si la cosmologie — en tant que méthode à bâtir des modèles d’univers — ne risque pas de produire autant de bouffonneries que l’on veut et que de savants experts en physique théorique démontreront en bâtissant un modèle mathématique.

Si donc le modèle de Lemaître est un « Big Bang », celui de Hoyle n’est sans aucun doute qu’une «Big Buffoonery».

AUCUN MOUVEMENT

N’Y EST POSSIBLE !

Si un tel cosmos existe depuis toujours — donc de toute éternité, c’est-à-dire depuis le temps physique infini —, sa durée doit nécessairement être infinie. Pour que sa durée soit infinie, il faut nécessairement que la substance — c’est-à-dire la matière ou l’énergie primordiale — qui constitue son espace-temps soit infinie.

Pour contenir la substance infinie, chaque point de son espace doit être de densité infinie. Ce qui implique que son espace soit d’étendue infinie et, corollairement de durée infinie. Faute de quoi il ne contiendrait pas la durée infinie, donc l’éternité, indispensable pour créer éternellement de la matière.

Mais, si chacun des points de son espace — qui sont en nombre nécessairement infini — est de densité infinie, et ceci à l’infini spatial et, corollairement temporel, ce cosmos, étant infiniment dense en chacun de ses points — et à l’infini —, aucun mouvement n’y est possible. Un tel cosmos est donc simplement impossible.

Le modèle de Fred Hoyle a beau être validedu point de vue du raisonnement mathématique — , il n’en constitue pas moins une absurdité.

On a dit qu’il n’était pas d’absurdité, si grande soit-elle, que les philosophes ne puissent soutenir. La cosmologie de Fred Hoyle et bien d’autres démontrent que cet aphorisme s’applique tout aussi rigoureusement aux démonstrations mathématiques des modèles d’univers.

COSMOLOGIES CONTRADICTOIRES

ET COSMOGENÈSE DIALECTIQUE

Au début des années 80, Jean-Pierre Luminet, astrophysicien, s’irritait de la souplesse du modèle géométrique de l’Arithmétique thermodynamique que je lui exposais, dans son bureau de l’Observatoire de Meudon.

«Évidemment, votre modèle est dialectique, ça permet une beaucoup plus grande souplesseMais, de toute façon, ce n’est pas ainsi qu’on bâtit une cosmologie

Il avait raison.

Pour bâtir des modèles mathématiques d’univers qui démontrent, avec la rigueur de la logique mathématique complexe, tout et son contraire, tout en étant solution des équations d’Einstein, et sans rien résoudre de leurs contradictions, il n’y a pas d’autre méthode que la cosmologie.

Mais, pour construire un modèle de cosmos dialectique, avec univers et anti-univers, c’est-à-dire une cosmogenèse qui résolve ces contradictions, je crains fort qu’il n’y ait pas d’autre méthode que la géométrie, parce qu’elle est la seule qui soit dialectique et permette de résoudre les contradictions.

LA PRÉDICTION : DANS LE MIROIR

DES CONFINS COSMIQUES,

DES GALAXIES VIRTUELLES

EN CONTRACTION !

Non sans faire une prédiction : en effet, le Cosmos du modèle est hermétiquement clos par une pellicule d’énergie primordiale cristallisée, donc par un miroir, à l’origine polyédrique, de cristaux hexagonaux à quatorze faces.

Le modèle prédit donc que, lorsque les moyens d’observation astrophysique permettront d’atteindre les parois cristallisées des confins cosmiques, on verra des images virtuelles des galaxies réelles en expansion.

Bien entendu, les galaxies virtuelles seront toutes en contraction et se précipiteront sur les galaxies réelles à des vitesses d’autant plus élevées qu’elles en seront plus proches.

Événement finalement banal puisqu’il est également prédit par la plupart des apocalypses.

LE NÉOCORTEX CÉRÉBRAL CONSTRUIT

SUR LE MODÈLE DES CRISTAUX DE L’ANTI-UNIVERS

Il faut alors souligner que le miroir, qui permet cette prédiction, est le modèle même de la structure du néocortex de l’encéphale humain sous forme d’empilement de cristaux superposés.

Il suffit, pour s’en convaincre, de lire ce qu’en dit Jean-Pierre Changeux (L’Homme neuronal, p. 84-85, Pluriel-Fayard, 1983), et ce que j’en dis moi-même (Sünder, Avant le Big Bang, p. 160 à 163 et schémas p.76 à 78, Éditions Quintessence, 2004).

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Changeux, l’Homme neuronal

Le néocortex de l’encéphale humain, organe suprême de l’intelligence et de la réflexion est donc bel et bien construit sur le modèle même de l’Anti-univers, qui permet au Cosmos physique de réfléchir sa propre information incidente en information réfléchie pour se comprendre intégralement lui-même.

Jacques Monod croyait que la théorie unitaire n’avait ni à prévoir ni à décrire « le caillou que je tiens dans ma main » (écrivait-il dans Le Hasard et la Nécessité).

En quoi il était aussi clairvoyant que lorsqu’il affirmait que l’ADN était le « détenteur exclusif de l’information génétique » et récusait la dialectique. La théorie unitaire doit pouvoir non seulement décrire la structure précise du Cosmos physique mais encore contenir les modèles géométriques des structures biologiques.

Merci à Jean-Pierre Changeux d’en avoir bien involontairement apporté la preuve à propos du modèle géométrique de l’Arithmétique thermodynamique, bien qu’il n’en ait jamais eu connaissance.

Richard Sünder

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L’ANTI-UNIVERS : SYSTÈME

DE FEUILLETS HEXAGONAUX

EMPILÉS EN CRISTAUX

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Le schéma 6 (ci-dessus) montre que, autour d’une spirale ou d’une onde hélicoïdale de diamètre donné, on ne peut placer que 6 autres spirales ou ondes hélicoïdales de même diamètre.

Il montre également que, si la spirale ou l’onde hélicoïdale refroidit et cristallise, elle cristallise en feuillets hexagonaux et que l’empilement de ces feuillets cristallise en cristaux hexagonaux à 14 faces qui peuvent se superposer, s’empiler en colonnes et se contracter et se dilater.

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Schéma 7 : le « Big Bang » qui n’a rien d’un Big Bang
Diamètre final du Cosmos au terme de sa contraction :
12 milliards d’années-lumière.

Selon le modèle géométrique de l’Arithmétique thermodynamique, la Cosmogenèse — c’est-à-dire la genèse du Cosmos physique fini — se développe, à partir du couple méta(infra)physique du Zéro plein et de l’Infini vide, en un cycle de 3 phases, chacune d’elles de 12 milliards d’années.
Soit 36 milliards d’années pour le cycle de l’Éternel Retour.

Au cours de la première phase du cycle — celle souvent dite de la « chute », alors qu’elle n’a rien d’une chute —, l’Infini vide se finit et le Zéro plein se dé-finit (puisqu’il est infiniment fini).

C’est-à-dire que les deux infinis se finissent en constituant le plus petit Cosmos physique fini possible (schéma 7 ci-dessus), par l’alternance d’expansions et de contractions des deux univers — Univers et Anti-univers — en quoi ils se finissent.

L’amplitude de la contraction est supérieure à celle de l’expansion. Raison pour laquelle les deux univers se finissent en se contractant dans le plus petit Cosmos physique fini : 12 milliards d’années-lumière de diamètre !

Au terme de cette première phase de 12 milliards d’années, qui n’est en rien une «chute» mais une contraction freinée à vitesse décroissante, les deux infinis se sont finis constituant le Cosmos physique fini le plus petit possible, qui n’a rien, comme on le voit de « l’atome primitif » de Lemaître.

Au terme de sa contraction maximale, le Cosmos physique fini — 12 milliards d’années-lumière de diamètre — est constitué, en son centre, par un socle de vidéons cristallisés, sur lequel reposent 32 colonnes de cristaux hexagonaux à 14 faces (centre bleu) et, autour, une colonne de 32 faisceaux d’ondes hyperchaudes, enveloppées d’une couronne d’antividéons hyperchauds. Le Cosmos, qui est bien un système de ressorts hélicoïdaux, hyperchauds à sa périphérie, hyperglaciaires et cristallisés en son centre, rebondit alors sur lui-même et entre en expansion (schéma 9).

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Schéma 9

La périphérie du Cosmos (en rouge), au terme de sa contraction maximale (schéma 7) se trouve au milieu du schéma 9 ci-dessus, à la ligne marquée « sphère de départ de l’expansion ». Il ne s’agit donc en rien d’un Big Bang mais d’un rebondissement du Cosmos, qui est un système de ressorts hélicoïdaux, sur lui-même. Rebondissement, donc expansion, qui va inverser dialectiquement et radicalement la structure du Cosmos du schéma 7.

Le Cosmos rebondit sur lui-même et entre donc expansion, à partir de la structure du schéma 7, qui est représentée ci-dessus, sous la barre « sphère de départ ». Les ondes hélicoïdales hyperchaudes de la périphérie, baignant dans une sphère de vidéons hyperchauds, entrent en expansion et, s’éloignant de l’onde sphérique de chaleur (antividéons) qui redescend vers le centre, refroidissent et cristallisent en un miroir de cristal à 32 colonnes à facettes hexagonales, qui clôt hermétiquement le Cosmos. L’onde de chaleur refoulée vers le centre réchauffe les cristaux hexagonaux qui fondent en ondes hélicoïdales hyperchaudes.

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Schéma 10
Diamètre du Cosmos quand il inverse sa structure :
environ 16 milliards d’années-lumière.

La structure du Cosmos, telle qu’elle était au schéma 7, s’inverse donc entièrement, à mesure de l’expansion. Désormais, la structure phallique énergétique périphérique (schéma 7) est passée au centre (ondes hélicoïdales rouges et sphère d’antividéons condensés et hyperchauds) où elle constitue le foyer du rayonnement incident, l’Univers focal. Tandis que la structure matricielle inertielle et cristallisée (au centre dans le schéma 7) est passée à la périphérie où elle constitue le miroir de cristal à 32 facettes hexagonales, c’est-à-dire le système d’optique, dans lequel l’Univers focal peut se réfléchir.

Observons que, sans ce miroir de l’Anti-univers, qui constitue le système de réflexion du rayonnement incident de l’Univers focal, l’émergence d’objets physiques (particules, étoiles), d’objets chimiques et biologiques (molécules, cristaux, macromolécules d’ADN et de protéines) et surtout l’émergence du psychisme (qui est de la réflexion), donc de la conscience, et de la sexualité est simplement inexplicable.

Notons incidemment que le modèle modélise rigoureusement la topologie freudienne
de l’appareil psychique et que le miroir de l’Anti-univers explique le stade du miroir de Lacan.

schema1198.jpg

Schéma 10 ou 1198

L’Univers focal phallique (en rouge au centre), sous pression, rayonne ses ondes hélicoïdales incidentes qui butent sur les parois du miroir de l’Anti-univers optique matriciel (périphérie bleue), à travers lequel elles ne peuvent pas passer. Elles sont tordues, retournées sur elles-mêmes et réfléchies. Les ondes réfléchies se vissent alors
dans les ondes incidentes et forment un cric qui décuple leurs forces.

Elles dilatent donc les parois cristallines de l’Anti-univers qui entre en expansion, en s’arrondissant, et elles se surcondensent en se vissant les réfléchies dans les incidentes, au sein de l’espace du Tiers-univers qu’elles créent entre l’Univers et l’Anti-univers. Les micro-ondes hélicoïdales ainsi créées sont des ondes hélicoïdales électromagnétiques, qui se surcondensent, à vitesse exponentielle, créant des chaînes de matière entre les deux premiers univers.

La rotation des deux univers initiaux en sens inverse l’un de l’autre entraînera la rupture des chaînes de particules ainsi créées et leur organisation en atomes puis en systèmes solaires et en galaxies (voir Richard Sünder, Avant le Big Bang, Éditions Quintessence, 2004.)

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29

L’ENFER PEUT-IL GELER ? L’ENFER EST-IL EXOTHERMIQUE OU ENDOTHERMIQUE ?

[extrait du chap. XII de
Médecine du mal, médecine des mots]

[Selon Ryke Geerd Hamer et de nombreux médecins, dont le Dr Pierre-Jean Thomas-Lamotte, neurologue respectable et respecté(1)] le D.H.S., à cause de la surtension du stress intense, produit un court-circuit dans le cerveau et que la solution du conflit qui engendre le D.H.S. est donc la somatisation dans l’organe-cible.

Mais le couple Zéro-Infinie n’a pas d’organes physiques puisqu’il est entièrement métaphysique ! Mieux encore, nous savons que les psychotiques — aussi longtemps qu’ils restent installés dans leur psychose — sont invulnérables aux maladits et qu’ils ignorent donc la somatisation, comme si la psychose, qui implique deux foyers de Hamer, un dans chaque hémisphère cérébral (la «constellation schizophrénique»), était comme une disjonction qui déconnecte de la réalité celui qui en est le siège — il « pète les plombs » et, disjoncté du réel, n’est plus connecté qu’à l’envers du monde : le surréel.

Le Zéro est bien la foudre infinie de Zeus qui instantanément plonge dans la mer de cristal de l’Infinie : c’est bien la disjonction absolue de l’Esprit, mer de feu qui se réfléchit dans la glaciation absolue de l’Infinie !

Quelle peut donc bien être la somatisation du couple métaphysique Zéro-Infinie, qui résout instantanément le conflit de Hamlet entre l’Être et le Néant, par la désaliénation absolue?

Parbleu, avoir une prise de terre et retourner en terre. Elle ne peut rien être d’autre que la projection du conflit dans la physique du Cosmos spatio-temporel physique et fini.

Que se passe-t-il alors ?

Le langage métaphysique de l’Arithmétique thermodynamique (température infinie en Zéro et température zéro en l’Infinie) s’incarne aussitôt dans le Cosmos physique fini.

Il s’y incarne sous la forme de l’Arithmétique physique des points physiques minima d’espace-temps (vidéons et antividéons qui sont les objets simples de Wittgenstein), avec la même syntaxe constituée désormais par la dialectique de l’Univers-sujet (quantité ∞ – 1 de conscience ou de psychisme qui constitue l’Être ∞ – 1) et de l’Anti-univers-objet (quantité infinie moins un d’inconscient qui constitue le Non-Être ∞ – 1).

Dès lors, le couple Zéro-Infinie qui est Dieu — il en a toutes les caractéristiques infinies ainsi que le caractère d’unité absolue puisqu’il intègre en lui-même tous les contraires — a bien résolu et dépassé son conflit en le somatisant dans l’espace-temps du Cosmos physique fini .

Etant Tout et Rien, il s’enterre en toute Terre et tout terrien attendant qu’on le déterre à Nanterre.

Le modèle géométrique de l’Arithmétique thermodynamique démontre que Dieu, c’est-à-dire le couple Zéro-Infinie, n’est finalement rien d’autre que l’Arithmétique et la dialectique thermodynamique de la logique arithmétique.

Dieu ne pouvait, bien entendu, rien être d’autre que la logique mathématique. Mieux, devant être Tout (Zéro), il devait donc être simultanément aussi Rien (Infinie vide).

Il devait donc nécessairement être l’intégration absolue de tous les contraires, c’est-à-dire la sophistique absolue qui est la mécanique quantique absolue (l’infinité des zéros de l’Arithmétique doit être simultanément nulle part — en Zéro, espace nul — et partout — en l’Infini, espace infini).

L’Arithmétique est donc bien la métaphysique quantique absolue puisqu’elle est simultanément l’Être et le Néant, la vie éternelle et la mort éternelle et qu’elle est donc le modèle absolu du chat de Schrödinger simultanément mort et vivant.

Le seul moyen de résoudre le conflit du Zéro et de l’Infinie, du Conscient et de l’Inconscient, de l’Être et du Néant et, du même coup, le D.H.S., le stress, le foyer de Hamer et les deux cancers infinis est de projeter le tout dans le Cosmos physique fini, c’est-à-dire de somatiser le conflit même de Dieu dans la matière physique, parmi les animaux et les hommes du Cosmos physique fini.

Nous somatisons nos conflits dans notre corps pour nous en faire une représentation physique et symbolique. Cela ne nous débarrasse du stress et ne prolonge notre survie biologique que pour nous permettre de réfléchir aux raisons du maladit.

Lequel n’est que la représentation biologique du conflit, afin d’en prendre conscience et de le dépasser. Et ceci par l’intelligence même du monde dont chacun de nous est une métaphore miniaturisée.

Il s’agit bien alors d’une opération arithmétique qui consiste à dépasser la division — les diaboliques diaboles — pour retrouver l’unité : le Symbole. Le maladit est donc bien la somatisation, dans notre corps, du conflit même de Dieu, entre l’Être et le Non-Être, le Conscient et l’Inconscient, qui vise à nous faire prendre conscience de notre propre unité.

Le maladit est bien transgénérationnel, puisqu’il nous vient de l’origine même du monde. Il est bien une malédiction, au sens de ce qui n’a pas été dit ou a été mal dit. Il faut donc en prendre conscience et le dire pour le dépasser. Le dépasser par la conscience de l’unité du monde. Dès l’instant où il est dépassé, le conflit et sa projection, le maladit, sont aussitôt abolis.

En remontant à la cosmogenèse, on s’aperçoit qu’il n’y a, fondamentalement, qu’un seul et unique conflit : le conflit de Hamlet, être ou ne pas être, qui est le conflit du couple Zéro-Infinie, entre la vie et la mort, le conscient et l’inconscient, auquel peuvent être ramenés tous les autres conflits, qui n’en sont que des superstructures complexes et variées.

Le conflit de Hamlet est la forme humaine du conflit de Dieu, sous réserve de concevoir Dieu comme le principe dialectique, à la fois divin (Symbole et Unité des divisions) et diabolique (diaboles : division de l’Unité) de l’onto-néantologie : l’Arithmétique.

Le Cosmos physique fini n’est alors que la somatisation et la solution du conflit de Dieu. Nous sommes donc tous les diaboles du Cosmos physique fini. Lequel est le Diable — Satan, le démon de matière, et non pas Lucifer, l’Ange de lumière —, principe de la division, dont le Monde matériel est l’Enfer.

Ce qui, à l’exception du disjoncteur, a été confirmé par l’étudiant québécois qui, à la question bonus de chimie posée à l’Université de Montréal : « L’Enfer est-il exothermique (il évacue de la chaleur) ou endothermique (il absorbe de la chaleur) ? » a répondu ce qui suit.

« Primo, il faut connaître comment varie la masse de l’enfer avec le temps. C’est-à-dire connaître le taux d’entrée et de sortie des âmes en Enfer. Nous pouvons assumer sans risque qu’une fois entrée en Enfer, l’âme n’en ressortira plus. Du coup, aucune âme ne sort.

« Pour le calcul du nombre d’entrées des âmes en Enfer, nous devons considérer ce qu’en disent les différentes religions qui existent de par le monde. La plupart des ces religions affirment que, si vous n’êtes pas membre de leur Eglise, alors vous irez en Enfer. Comme il existe une quantité innombrable de religions, nous pouvons en déduire que toutes les âmes vont en enfer.

« Si l’on applique maintenant la Loi de Boyle à la vitesse d’évolution du volume de l’Enfer, cette loi prévoit que “ pour que la pression et la température restent identiques en Enfer, le volume de l’Enfer doit se dilater proportionnellement à l’entrée des âmes. ”
« Par conséquent, cela donne deux possibilités :

« 1) Si l’Enfer se dilate à une vitesse inférieure à celle de l’entrée des âmes en Enfer, alors la température et la pression augmenteront indéfiniment jusqu’à ce que l’Enfer éclate.

« 2) Si l’Enfer se dilate à une vitesse supérieure à celle de l’entrée des âmes en Enfer, alors la température diminuera jusqu’à ce que l’Enfer gèle.

« Laquelle choisir ?

« Si nous acceptons le postulat que ma camarade de classe Teresa m’a opposé durant ma première année d’étudiant : “Il gèlera en Enfer avant que je couche avec toi!” et, tenant compte du fait que j’ai couché avec elle la nuit dernière, alors l’hypothèse doit être vraie.

« Ainsi suis-je sûr que l’Enfer est exothermique et a déjà gelé. Le corollaire de cette théorie est que, comme l’Enfer a déjà gelé, il s’ensuit qu’il n’accepte plus aucune âme et que, du coup, il n’existe plus… laissant ainsi seul le Paradis et prouvant l’existence d’un Être divin ce qui explique pourquoi, la nuit dernière, Teresa n’arrêtait pas de crier : “Oh, mon Dieu!…” »

« Relativité absolue, donc réversibilité de Dieu: que Raymond Abellio avait repérée dans les mots Nou et Oun, du Livre des morts des anciens Egyptiens.

————————————————

(1) Le Dr Pierre-Jean Thomas-Lamotte, neurologue, auteur de Guérir avec Thérèse, président de l’Institut de décodage biologique, a montré, scans à l’appui, au Congrès de cancérologie de Marseille, en 2003, la relation entre le conflit psychobiologique, le stress et l’organe cible, où se produit la somatisation du conflit. C’est-à-dire très précisément la théorie du conflit de Ryke Geerd Hamer et la lecture du scan qui la démontre.

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V. DE LA FUITE À VARENNES À LA TERREUR ET AU DIRECTOIRE

56 LES 9 NOVEMBRE ET 18 JUIN :DEUX DATES HISTORIQUES SAISISSANTES

56.1 La date historique du 9 novembre, outre celle du coup d’État de Bonaparte, le 9 novembre 1799 et celle du putsch de Münich, le 9 novembre 1923, est celle de la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989. Le 18 juin est une date non moins historique. En remontant le cours de l’Histoire, le 18 juin 1940 est la date du célèbre Appel à la résistance de Charles de Gaulle, au lendemain de la demande d’armistice de Philippe Pétain, faite la veille, le 17 juin. Le 18 juin 1815 est la date de la bataille de Waterloo que Napoléon avait quasiment gagnée, quand, à la place de Grouchy qu’il attendait, survint Blücher avec ses Prussiens, ce qui transforma la victoire en défaite. Le 18 juin 1812 est la date de la deuxième guerre d’indépendance, entre l’Angleterre et les États-Unis, à propos des grands lacs du nord, qui s’achève en 1814 par la victoire des Américains. Le 18 juin 1429 est la date de la victoire des troupes de Jeanne d’Arc à Patay sur les Anglais de Falstof — qui inspirera son Falstaff à Shakespeare — et de Talbot, ce qui contraindra le duc de Bedford à la retraite, tandis que Charles VII sera sacré roi de France à Reims. Falstof était un grand stratège et Talbot un bien piètre, quoique réputé « courageux capitaine ». Il refusait, en effet, tout combat avec l’ennemi : les deux seules batailles qu’il livra furent celle du 18 juin 1429 à Patay, qui s’acheva en déroute — il fut capturé — et celle de Castillon, en Aquitaine, le 17 juin 1453, qui contraignit les Anglais à quitter l’Aquitaineet à laquelle il fut tué.

Talbot_Castillon.jpgLa mort de John Talbot à Castillon
le 17 juin 1453

56.2 Non moins étrangement, le 17 juin 1940, le général de Gaulle transmet au président du Conseil, Paul Raynaud, la proposition de Winston Churchill d’une « union perpétuelle de l’Angleterre et de la France », aussitôt rejetée par Philippe Pétain, d’où l’appel du 18 juin. Ce qui est moins connu est que cette proposition était le contenu même du Traité de Troyes, signé le 21 mai 1420 — cinq ans après la défaite française d’Azincourt, le 21 octobre 1415 — dans la cathédrale de Troyes. Par ce traité, à l’instigation de la reine Isabeau de Bavière, Charles VI, roi de France, devenu fou, excluait de sa succession son fils Charles VII et mariait sa fille à Henri V d’Angleterre. Lequel devenait l’unique souverain à la mort de Charles VI de la « réunion des couronnes de France et d’Angleterre » inscrite dans le traité ! Henri V mourut le 31 août 1421 à Vincennes et Charles VI le 21 octobre de la même année. Entretemps, l’Écossais John Stuart, au service du Dauphin, dès 1421, avait battu le duc de Clarence au Vieil-Baugé, repris l’Anjou, Dreux, Épernon, Beaugency et Meaux. Une trêve avait suivi. En 1425, Jeanne d’Arc avait repris les hostilités et achevé la libération.

Nous reviendrons — dans d’autres chapitres — sur cette récurrence des dates historiques, à propos des deux Guerres de Cent Ans et de l’analogie du 18 brumaire (9 novembre 1799) et du putsch de Münich (9 novembre 1923).

 

57 LES CONSTITUANTS DE 1791DIVISÉS SUR LE RELATIF ET L’ABSOLU


57.1 Arrêtés à Varennes, Louis XVI et sa famille ont donc été ramenés sous bonne garde à Paris, le 21 juin 1790. Le 17 juillet, la manifestation du Champ-de-Mars, pour réclamer la déchéance du souverain, qui n’est pas encore constitutionnel — puisque la rédaction de la Constitution de 1791 n’est pas encore achevée — mais dont l’absolutisme a été relativisé au point que le peuple l’a arrêté, a fait cent morts. La pétition réclamant sa déchéance a recueilli 6000 signatures. Si le rassemblement du Champ-de-Mars (condensation et contraction) a bien eu lieu, il a été dispersé dans le sang (décondensation et dispersion). Quant à l’unité du club des Jacobins, parvenue au seuil critique de l’explosion, elle a éclaté en trois : Club des Jacobins avec Robespierre, Saint-Just, Brissot, Vergniaud, club des Feuillants avec Barnave, Bailly, La Fayette, Sieyès, Club des Cordeliers, avec Danton, Hébert, Marat, Chénier, Fabre d’Églantine.

57.2 Le 27 août 1791, le comte d’Artois, frère de Louis XVI, quoi qu’il n’y soit pas invité, se rend au château de Pillnitz, en Saxe, où le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II et l’empereur d’Autriche Léopold II (qui a succédé à son frère Joseph II en 1790, il cédera lui-même son trône, pour cause de décès le 1er mars 1792, à François II) sont réunis. Il leur arrache la Déclaration de Pillnitz, qui somme la France de rétablir Louis XVI sur son trône et dans ses droits et invite les souverains européens à agir d’urgence au cas où la France n’obtempérerait pas. Pour faire bonne mesure et plus de clarté, Léopold II, à titre personnel, précise qu’il voit en la France révolutionnaire un danger pour toute l’Europe.

57.3 La fuite du roi et la fusillade du Champ-de-Mars ont rendu la situation plus claire. Le Comité de la Constitution décide que la Constitution civile du clergé ne figurera pas dans la Constitution de la Nation. On pourra plus facilement modifier cette dernière et l’on espère ainsi rassurer les catholiques et mettre fin au schisme qui divise la Nation. La Constitution de 1791 écarte la République. Inquiets des manifestations populaires, les constituants en renforcent l’aspect antidémocratique. Le texte définitif est adopté le 3 septembre par l’Assemblée constituante. Le 12 septembre, le Comtat Venaissin et Avignon sont annexés par la France. Le 13 septembre, le roi accepte la Constitution. Il y prête serment le 14.

57.4 La Constitution de 1791 — ou de l’an I — est celle d’une monarchie constitutionnelle, sinon parlementaire au sens d’aujourd’hui. Elle a été rédigée entre la prise de la Bastille et la fuite du roi à Varennesplus exactement entre le 6 juillet 1789 et le 3 septembre 1791 —, à partir de plusieurs projets. Deux comités, chargés de cette rédaction ont été successivement élus pour être finalement réduits à un comité restreint de cinq membres, tant il était évident qu’il était impossible de rédiger un texte en présence d’un grand nombre de personnes exprimant des points de vue divergents, au cours de discussions passionnées qui n’aboutissaient à rien.

57.5 Là encore le modèle est à l’œuvre : plus les constituants sont nombreux et dispersés, individualiséscomme les zéros dans l’Infiniet plus on se perd en vaines discussions, donc en perte de temps, sans aboutir à rien. L’Infini vide est le Néant, donc Rien, l’étendue y est infinie et sa durée est nulle. Il fallait donc nécessairement, pour gagner du temps, réduire l’étendue de discussions à l’infini et la rassemblercomme l’infinité des zéros en un seul : l’Être absolu, qui est le temps infini sans espace. Ainsi aurait-on tout le temps nécessaire pour rédiger le texte sans se perdre en l’espace infini et vide de discussions sans fin. Ce qui, bien évidemment, impliquait l’idée même de l’éternitéle temps infiniment condensédonc de l’Être absolu.

57.6 Le premier texte adopté — le 26 août 1789 — est le préambule : la Déclaration des Droits de l’Homme. Sa rédaction est l’objet de très vives discussions de l’Assemblée plénière. On tombe cependant d’accord sur l’idée, exprimée par les «philosophes» des Lumières : un État moderne n’est viable que pourvu d’une constitution. C’est l’idée mêmemais restreinte et relativede la loi absolue du modèle géométrique de l’Arithmétique thermodynamique : « Rien, pas même le Néant, ne saurait exister sans sa Constitution ». Les constituants en sont d’accord intuitivement. La démonstration logique en a été fournie par le modèle — dont il est permis de penser que les constituants l’ignoraient. Leur intuition leur vient de leur propre situation : les voici contraints de se légitimer eux-mêmes.

57.7 La Constitution, c’est le plan de l’architecture de la Nation. C’est très exactement ce plan — certes de moindre envergure — qui a permis aux Australanthopes de construire les premières huttes, qui consistaient non pas à transporter les villes à la campagne, comme le voulait Alfred Jarry, mais à découper les arbres de la forêt — qui les protégeaient du vent, de la pluie et du froid — pour en faire des huttes dans la plaine. Sans cette idée, jamais il n’y aurait eu de huttes. Et cette idée était bien celle de leur constitution. Ainsi bien sûr que celle des coutumesdonc des loisdu clan qui organisaient la vie sociale. Mettez-vous bien ça dans la tête, rien — du plus petit point physique possible d’espace-temps à l’Arche de la Défense, en passant par les ondes électromagnétiques, les atomes, les galaxies, les systèmes solaires, les cellules biologiques et les organismes vivantsabsolument rien ne saurait exister sans sa constitution, pas même le Néant.

57.8 Mais alors problème : s’il y a une loi absoluecelle de valider son existence par une constitution —, même au sein du Monde relatif, il faut fonder la Constitution sur l’absolu. L’abbé Grégoire, qui souhaite aussi, mais en vain, l’abolition de l’esclavage, veut alors que la Déclaration fasse place à Dieu ! Le clergéun quart de l’Assembléeveut même que le catholicisme soit décrété religion d’État ! La majorité s’y oppose, suivant en cela, partiellement, Mirabeau, qui refuse que le mot « tolérance », qu’il juge restrictif, y figure. « La liberté la plus illimitée de religion est à mes yeux un droit si sacré que le mot tolérance, qui voudrait l’exprimer, me paraît en quelque sorte tyrannique lui-même, puisque l’existence de l’autorité, qui a le pouvoir de tolérer, attente à la liberté de penser, par cela même qu’elle tolère et qu’ainsi elle pourrait ne pas tolérer », dit-il. [Voir chapitres précédents 48.10 et 50.9 à 50.14].

57.9 Les constituants ont donc, avec sagesse, placé la Déclaration « en présence et sous les auspices de l’Être suprême », sans aucune référence à l’idée humaine d’une religion quelconque et d’un dieu relatif quel qu’il soit, adoptant l’article 10 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » L’Assemblée nationale ne sera cependant pas élue au suffrage universel, comme l’ont été les députés des trois ordres, mais au suffrage censitaire. C’est-à-dire que les électeurs, comme les éligibles, seront réduits à ceux qui paient un minimum d’impôt, équivalent à trois jours de travail. Cette distinction entre «citoyens actifs» et «citoyens passifs» — on dirait aujourd’hui «entre la France d’en haut et la France d’en bas» dont les électeurs, pour la plupart ne sont même pas inscrits ou ne votent pas, tant il est vrai, comme dit le duc d’Elbeuf, que « c’est avec du vieux qu’on fait du neuf » —, est introduite par l’abbé Sieyès. Le roi dispose d’une « liste civile » votée par l’Assemblée, afin de «pourvoir à la splendeur du trône».

57.10 Soit 25 millions de livres par an. L’expression « splendeur du trône » peut paraître indécente quand des enfants meurent de faim, faute de pain et même de brioches. Mais, en 1978et non pas 1789, l’anagramme, tandis que Raymond Barre, alors premier ministre mais pas encore au Val-de-Grâce pour s’y faire administrer les derniers sacrements, lançait aux chômeurs qu’ils n’avaient qu’à créer chacun son entreprise, sans en exclure les pompes funèbres —, dans Les Enfants Martyrs (Seuil), Pierre Leulliette citait le cas de deux enfants abandonnés de 4 et 2 ans, qui avaient arraché, avec leurs petits ongles, et mangé le papier peint de leur chambre, avant de mourir de faim. Reste, pour le roi, qu’il devient impossible de donner, comme à Versailles, une seule fête de 36 millions de livres ! Il nomme les ministres et les révoque, et peut opposer son veto qui suspend une loi pour deux législatures. Le régime n’est pas parlementaire. Il y a séparation des pouvoirs, l’Exécutif appartient au roi. Les ministres ne sont responsables que devant lui. Mais il n’y a point d’autorité supérieure à la Loi.

57.11 La Déclaration des Droits de l’Homme s’est inspirée de la Déclaration américaine. Mais elle est d’une tout autre dimension. Elle établit les droits imprescriptibles de l’Homme. La Déclaration américaine n’énonce que les droits des citoyens de Virginie, de Géorgie, d’Alabama ou du Massachusetts. La Déclaration française se veut universelle quand la Déclaration américaine ne vise qu’à permettre aux citoyens américains de se défendre devant les tribunaux. Sieyès aurait voulu que la Déclaration française fût organisée de manière logique au contraire de l’américaine qui était pragmatique. Les constituants y ont renoncé parce qu’elle a été rédigée dans la fièvre de l’atmosphère révolutionnaire du moment.

57.12 Jamais, depuis la Fronde des grands seigneurs mâtée par Mazarin et Anne d’Autriche, et leur mise au pas par Louis XIV — anagramme de XVI —, qui s’était installé à Versailles pour la fuir sans jamais retourner à Paris, dans le Louvre, si clos, de son enfance, pareille rébellion contre l’absolutisme royal n’avait été imaginable. Mais Louis XVI — anagramme de XIV, postérieur à Louis XVn’était pas Louis XIV. Louis XVI avait laissé sortir le I, symbole de l’unité et première lettre d’Insurrection, que son arrière-arrière-grand-père, Louis-Dieudonné, avait, aussi soigneusement que fermement, enfermée entre le X et le V de son centésime XIV. Sans doute le fait que son propre père, Louis XV — débauché et pédophile notoire, amateur de petites filles — qui, sentant venir la tourmente, avait dit : « Après moi le Déluge ! » aurait-il dû le mettre en garde. D’autant que Louis XV, arrière-petit-fils de Louis XIV, avait été dauphin sous le titre de duc d’Anjou, donc souverain d’Angers. Louis XIV était le premier des deux fils très tardifs qu’Anne d’Autriche avait, après plus de vingt ans de mariage, donnés à Louis XIII.

57.13 Lequel — comme ne l’enseignent pas les manuels officiels de l’Histoire — était aussi parfaitement homosexuel que son propre frère, Gaston d’Orléans et que Monsieur, frère de Louis XIV, Philippe d’Orléans. Louis XIII, dont le règne fut marqué par de nombreuses exécutions de grands et de petits seigneurs — le ministre italien Concini, âme damnée de sa mère, Montmorency, de Thou, de Luynes et Cinq-Mars — avait eu les deux derniers pour amants. Ayant comploté contre le cardinal de Richelieu, Cinq-Mars et son ami de Thou furent exécutés, sans que le roi fît rien pour les sauver.

57.14 Il est vrai que Frédéric le Grand avait, lui aussi, vu son amant — Hans Hermann von Katte, le fils d’un général, alors âgé de 22 ans avec lequel, à peine âgé de 18 ans, Frédéric avait projeté de s’enfuir en Angleterre — exécuté, sous ses yeux, par ordre du roi, son père. Mais Louis XVI, quoique érudit et loin d’être le benêt que l’Histoire a fait de lui, n’avait pas prêté attention au signe : son père, Louis XV, Dauphin d’Anjou et souverain d’Angers, avait dit : « Après moi, le Déluge ! », lui signalant pansémiotiquement le souverain danger. D’autant que le dernier rassemblement des États généraux remontait au 2 octobre 1614, date à laquelle Louis XIII les avait convoqués, quatre ans après l’assassinat de son père Henri IV, par Ravaillac, à Paris, rue de la Ferronnerie, où l’on peut voir une dalle de la chaussée qui en marque le lieu ainsi que la mémoire. Et, finalement, il les avait renvoyés, leur promettant des réformes fiscales sans en faire aucune, , cédant la place à l’absolutisme de Louis XIV.

57.15 La Déclaration des Droits de l’Homme, dans son article 17le dernier —, dit que «la propriété est inviolable et sacrée». C’est une déclaration de propriétaires, qui a donné lieu à de vifs débats mais elle ne pipe mot de ceux qui ne possèdent rien. Elle établit la souveraineté du peuple et de la Nation à la place de celle du roi. Réponse du berger à la bergère, Louis XVI avait dit, dans son discours d’ouverture des États généraux, que rien ne se ferait sans son assentiment, réaffirmant qu’il incarnait le droit absolu. Mais le droit absolu, par nature géométrique, est le droit euclidien : il ne se courbe pas. C’est le droit, infini rectiligne, qui redresse absolument, la courbure infinie du Zéro. Du même coup, l’Être absolu, s’anéantit, par sa réflexion même, dans le miroir de cristal absolu du Néant. Et, instantanément, il se finit pour fondre comme neige, dans le foyer de l’Univers physique, immédiatement réfléchi par les cristaux de l’Anti-univers, dont la dispersion relativement infinie aussitôt se réunit, dans la Salle du jeu de paume, resserrement et foyer de la Révolution. Louis XVI ne manquait pas de connaissances, il manquait de réflexion. L’Arithmétique thermodynamique est la loi absolue du Second principe de thermodynamique, donc la loi du rapport de l’Optique avec son propre Foyer. Hélas, Louis XVI était myope.

57.16 Comme on sait, la Déclaration des Droits de l’Homme a eu un retentissement universel, en Occident, que la Déclaration américaine n’a pas eue pour les raisons précédemment exposées [Voir chapitres précédents 48.10 et 50.9 à 50.14].

58 LA CONSTITUTION DE L’UNION EUROPÉENNE

58.1 Comme il fallait s’y attendre, le même problème est revenu sur le tapis européen de 2002 à 2003, à propos de la Constitution pour l’Europe, concoctée par la Convention de Valéry Giscard d’Estaing, qui n’était évidemment pas Mirabeau. Bien que siégeant à Strasbourg, non loin de l’or du Rhin, il n’était pas non plus Mirabelle, celle de Lorraine et de Metz que Louis XVI avait vainement tenté de rallier, chez Bouillé, avec l’or de la reine. Il n’était pas davantage l’amiral-comte Charles d’Estaing (nom que la famille Giscard ajouta au sien en 1922), commandant la flotte française qui participa victorieusement à la Guerre d’indépendance des États-Unis, du moins chaque fois que l’amiral en question ne la commandait pas (il fut finalement rappelé en France, le commandement de la flotte passant à l’amiral de Grasse). L’amiral d’Estaing était autant expert en matière navale que Valéry Giscard en matière constitutionnelle. Son projet de constitution, converti en Traité établissant une Constitution pour l’Europe, n’était évidemment pas une Constitution. Si bien que l’Union européenne, en 2007, est toujours sans constitution. Donc non constituée et, par conséquent, invalide, bien que ledit Traité ait été voté par seize des pays adhérents à l’Union, mais rejeté par la France et les Pays-Bas, la Grande-Bretagne s’étant bien gardée de le soumettre à un vote, sachant qu’il eût rejeté. Ledit Traité devait entrer en vigueur le 1er novembre 2006, sous réserve d’avoir été adopté par l’ensemble des pays-membres. Ce ne fut pas le cas.

58.2 Le premier problème auquel la Convention européenne de 2002 fut confrontée fut celui du préambule. Feu le pape Jean-Paul II, mort le 2 avril 2005, souhaitait, comme son successeur, qu’elle mentionnât, comme l’abbé Grégoire en 1789, les valeurs chrétiennes qui impliquent le Dieu des chrétiens. La chancelière d’Allemagne, Angela Merkel, le chef de la commission européenne, Romano Prodi, le président polonais Lech Kaczynski et le pape Benoît XVI le voulaient aussi. La France s’y opposa résolument. La Turquie, n’étant pas membre de l’Union européenne, n’avait pas voix au chapitre. Mais, étant membre d’une institution européenne, aussi coûteuse qu’inutile, le Conseil de l’Europe, elle fit connaître son opposition à ce conseil.

58.3 La Constitution de l’Europe reconnaît dans son préambule les « héritages culturels, religieux et humanistes de l’Europe », ce qui n’engage à rien. Cela signifie simplement qu’elle prend acte de l’Histoire dont elle est l’héritière. Mais cette Histoire ne peut pas effacer les persécutions religieuses, racistes et les guerres qui ont déchiré l’Europe et qui font partie de son héritage. En revanche, la deuxième partie de la Constitution affirme comme valeurs européennes la liberté, la démocratie, l’égalité et l’État de droit. Elle précise même l’inviolabilité de la dignité humaine, le droit à la vie, l’interdiction de la peine de mort — que font alors la Turquie et la Fédération de Russie au conseil de l’Europe ? —, l’interdiction des pratiques eugéniques, du clonage des êtres humains, de l’esclavage, de la traite des êtres humains. Elle affirme le droit à la liberté et à la sûreté, le respect de la vie privée, la protection des données personnelles, le droit de se marier (sans précision de sexe, sans doute à cause des Pays-Bas), la liberté de conscience, de pensée et de religion, d’expression et d’information, de réunion et d’association, le droit à l’éducation, le droit de travailler, le droit de propriété, la liberté d’entreprise, le droit d’asile. Elle affirme aussi l’égalité de tous en droit, la non-discrimination, le respect de la diversité culturelle, religieuse, linguistique, l’égalité entre femmes et hommes, la solidarité, le droit à la justice. Autant dire que cette déclaration de principes n’est pas près d’être mise en œuvre, sans même parler des contradictions qu’elle comporte. Et d’autant moins que cette Constitution doit être remplacée par un « Traité simplifié » qui, selon des juristes, complique encore davantage la Constitution.

[Suite à venir]

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